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 Intrigue n°2. visite de la famille [Hui Ying & Bing Qing]

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Hui Ying

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MessageSujet: Intrigue n°2. visite de la famille [Hui Ying & Bing Qing]   Sam 29 Jan - 13:17

Hui Ying s’ennuyait, terriblement. Et pourquoi cela ? Parce que l’infini est long, et l’évènement infinitésimal n’est que trop rare. Parfois, cet instant sans mesure, ce temps inaltérable, continu, lui faisait peur. Bien plus que lorsqu’elle « vivait ». On ne peut même pas appeler cela vivre d’ailleurs. Simplement rester là, immobile, à regarder les gens défiler devant son portique. Elle, elle était toujours là, encore et encore, témoin conscient de l’inaliénabilité de la mort. Et pourtant, elle n’avait pas droit à ce repos éternel, ce songe que l’on dit profond… Mais qui est l’idiot qui a dit cela ? Bof, peu importe… Tout ce qu’il faut retenir, c’est que chaque seconde de sa « vie » fut marquée par le remord et le regret d’avoir fait cette découverte, la pierre philosophale, qui ne lui apporta que tourments et solitude pour le reste de ses jours, tout du moins c’est ce qu’elle pensait.

Hui Ying s’assit en tailleur, et regarda au-dehors ce ciel sans teint. Etait-ce en fait une de ces vitres sans couleur dont on se sert dans les salles d’interrogatoire ? Qui sait, les naufragés sont tous si fous que les accuser de crime, même inconscient ou indirect, n’est pas si improbable. Peut-être alors que derrière ce ciel des hommes nous regarde, silencieux. Ils nous observent du coin de l’œil. Est-ce de l’expérimentation ? Tels des rats de laboratoire, nous errons dans notre cage, mais ce qu’il y a de différent, c’est que nous ne savons même pas pourquoi nous sommes là. Car les rats savent au moins qu’ils mourront, plus ou moins atrocement certes, mais ils savent ce qui les attend au coin de la rue. Ne nous reste plus que la patience pour supporter cette éternité sans broncher. Mais que faire pour la remplir d’un peu de plaisir ? Rien ne me retient sur ce navire, comme rien ne me retenait sur cette triste terre. Prisonnière des autres, je suis destinée à contempler malgré moi leurs agissements sans même pouvoir y prendre part. Car je ne puis. Toujours j’esquive leurs regards, je m’enfuis et me rue dans mon antre. Ce lieu au moins m’est familier. Il me calme, m’apaise, tandis que ces gens dont je ne connais rien me font peur. J’ai peur de leurs mains, j’ai peur de leur iris. Veulent-ils ma mort ? Me détestent-ils ? J’ai peur. A quoi bon rester en vie ? Je ne veux pas faire partie de cette mascarade, je ne veux pas être un rat de laboratoire… J’y suis cependant obligée. Elle soupira et détourna le regard. Là, elle croisa sa collection de réveils, bibelots qui ne fonctionnaient même pas, et qu’elle avait trouvés dans les méandres du bric-à-brac. Certes ils ne lui servaient à rien, mais ils lui tenaient compagnie, et de la compagnie, elle en avait grandement besoin. E puis toutes ces choses qui meublaient la pièce étaient inutiles, ô combien inutiles, si l’on considérait qu’elle ne devait remplir aucun devoir, aucune fonction particulière si ce n’est assumer son rôle d’immortel. Rien ne lui servirait, rien. Pas d’études en vue, pas d’enfants à nourrir, pas d’horaires à respecter, rien, absolument rien. Alors tous ces ouvrages, toutes ces défroques, et toutes ces vieilleries en tout genre, étaient juste là pour « faire joli ».

Elle alla se rouler dans sa couverture. Puisqu’elle n’avait rien à faire et que rien ne la distrayait, pas même sa récente découverte -un livre traitant des Aztèques et de leurs rites ancestraux- elle ferait la loque. Etre une larve, ça a du bon. Car une larve a chaud dans son cocon. Elle ne deviendrait certainement pas un papillon, mais végéter de la sorte, entre l’éveil et le rêve, cela avait du bon. Et puis peut-être que cela lui permettrait d’oublier un peu toutes ces pensées qui la tourmentaient en permanence. Elle rabattit donc la couverture sur son visage, ferma les yeux, et, s’enfonçant toujours un peu plus dans la douce tiédeur d’un songe inespéré, elle finit par sombrer totalement dans un profond sommeil. Même si ce n’était pas la mort qu’elle adulait tant, il était plus que le bienvenu.

Elle apparut dans un lieu étrange. Allongée par terre, elle se releva et s’assit. D’abord sombre, les contours du monde environnant se précisèrent peu à peu au fur et à mesure qu’elle se frottait les yeux. Elle était dans une forêt apparemment. Bien étrange forêt. Mais ce qui était plus étrange encore, c’est qu’elle lui plut. Elle admira les sourires édentés des arbres centenaires dont les branches se tordaient atrocement, formant aux extrémités d’inquiétants doigts pointus. Ils bruissaient, tels de vieilles machines aux rouages rouillés par les années, et leur murmures auraient glacé le sang de quiconque à part Hui Ying. C’était la nuit. Elle vit deux jeunes garçons à l’air apeuré se faire courser par un gnome. Elle se fit d’ailleurs la réflexion que ce couteau scintillant devait être assez pratique si l’on voulait cuisiner de nuit ou bien si une panne de courant nous prenait de cours. Elle se cacha et suivit leur périple. Passionnée, elle ne perdit pas une seconde de leur combat acharné. A un moment donné, un des deux garçons, qui semblait plus joufflu et juteux, protégea l’autre en le faisant grimper à un arbre. Il tenait à sa vie plus qu’à la sienne apparemment. Hui Ying admira son courage. Elle crut qu’il allait mourir, mais l’arbre sur lequel le brun se tenait se souleva soudain et écrasa le gnome. Ils étaient donc sauvés d’une mort certaine. Elle soupira, déçue. Dommage. Elle aperçut alors un vieux barbu avec une guirlande d’ampoules autour du cou. Son côté chirurgien en blouse blanche ne lui fit pas la meilleure impression et elle s’éclipsa vite.

Un peu plus loin, elle tomba nez à nez avec une maison en pain d’épice. Une vieille dame y faisait bouillir de l’eau dans une casserole en dévorant du regard deux jeunes enfants. L’un d’eux, un petit garçon, tenait fermement sa sœur d’une main, et de son autre quenotte serrait fermement un os. Mais que peut-il faire avec cet os ? Ne t’a-t-on jamais dit que ce n’était pas bien de jouer avec la nourriture, petit chenapan ? Mais que vois-je à l’orée de ce bois ? Pour mieux voir, Hui Ying fronça les sourcils et se fit un parasol de ses mains, au niveau des sourcils justement. Il n’y avait pourtant pas de lumière, me direz-vous. Je vous répondrai… je vous répondrai… que c’est Hui Ying, un point c’est tout. Avec cet esprit quelque peu dérangé, il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Et puis rajoutons que nous sommes dans un songe, celui de Hui Ying qui plus est.

Elle aperçut donc ce qu’on aurait pu communément appeler un loup qui courait, couverts en main, après de gras cochons. Il va les manger ?... Avec des pommes au four alors ? Rôtis ou grillés ? Songea soudain Hui Ying avec un amusement non dissimulé. Mais un ogre arriva bien vite, qui coursait un gamin avec des bottes montantes, et qui percuta de plein fouet le loup en jupe courte…

Malheureusement pour cette sadique en herbe, les formes de son rêve commencèrent peu à peu à s’atténuer au fur et à mesure qu’un bruit se faisait entendre. Non, arrêtez ! Ca commençait tout juste à être drôle ! Vous ne pouvez tout de même pas me faire ça, à moi qui suis condamnée à vivre et ce malgré le nombre indéterminé de suicides organisés…

Peu à peu, elle émergea. C’était quoi déjà ? Triste et le jour pour moi sera comme la nuit… Sauf que là, pas question de jour ni de nuit ou d’une quelconque échappatoire, mais simplement le temps qui passe, inlassablement. Outrée qu’on la réveille ainsi, elle se rua sur la porte, mais au moment de poser la main sur la poignée de la porte, elle réalisa brusquement qu’elle risquait de rentrer en contact avec un ressortissant du genre humain. Un frisson glacé la parcourut et elle déglutit péniblement. Que faire ? Peut-être allait-elle faire une grossière erreur, l’erreur de sa vie, qui la mènerait vers d’insondables abymes. Ah, dilemme ! Une voix rugit dans les tréfonds de ses entrailles.

Oh, Hui Ying ! C’est pas un peu fini, ces âneries ! Tu vas arrêter tout de suite avec tes conneries. D’abord, parles pas de « vie », t’es même pas vivante. Et d’une. Et puis, arrête tes conneries parce que… parce que… parce que ! Oui, pardon Hui Ying, tu as raison.

Elle se calma progressivement. Qui a dit que la schizophrénie était nécessairement un mal en soi ? Dans le cas de Hui Ying, c’était plutôt sa pathologie qui la sauvait d’une folie certaine. Peut-être un bien pour un mal donc…

Elle prit la peine d’ôter soigneusement les planches de cèdre qu’elle avait clouées à la porte pour éviter les intrusions intempestives -en attendant de trouver des cadenas dans le bric-à-brac, elle faisait avec les moyens du bord-, et au passage faire fuir les mites.

La porte ouverte, elle se trouva en présence d’un parfait inconnu. Non, attendez… son visage lui disait quelque chose… Elle chercha dans sa mémoire quelques instants à qui pouvait appartenir cet étrange visage, puis, le reconnaissant, elle ouvra la bouche de surprise. Qui vois-je ? Elle n’en revenait pas. Et pourtant, elle en avait vu des choses durant sa « piètre », sa « courte » existence parmi les mortels. Elle le dévisagea, puis se pinça la joue. Non, elle ne rêvait. Non, c’était bien vrai et celui qu’elle avait en face des yeux était bien celui qu’elle croyait. Comment était-il arrivé là ? Cela faisait si longtemps qu’elle ne l’avait pas vu. Enfin, enfin quelqu’un qu’elle avait toujours voulu revoir. A l’intérieur, elle frémissait, bondissait en tous sens, exultait. Extérieurement, c’était… Hui Ying, quoi. Car malgré tous ces efforts, toute l’amitié qu’elle lui portait, elle restait la même et il lui fallait un peu de temps avant de se comporter en fonction de la situation. Comme si ses actes arrivaient toujours en décalage. Au bout de quelques minutes donc, elle arbora un sourire ravi.

« Mais entre, je t’en prie. Cela fait si longtemps que je ne t’ai pas revu. Que fais-tu ici ? »

Elle poussa çà et là des livres pour lui faire un peu de place, puis, tout en allant s’asseoir dans un coin, elle le toisa, songeuse.

« Je me suis toujours demandée comment tu avais pu partir si soudainement… Tu ne m’as même pas prévenue. Enfin, ça fait un peu idiot de dire ça en fait… Mais dis-moi plutôt ce qui t’est arrivé ensuite. »
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Ryû Haru
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MessageSujet: Re: Intrigue n°2. visite de la famille [Hui Ying & Bing Qing]   Sam 29 Jan - 20:27

    - Hein … Où suis-je ? Mais …

    Furent les premiers mots que prononça Bing Qing quand il arriva sur la Nef. Son regard s’agitait dans toutes les directions, où était-il ? Ah, c’était encore une blague des filles ça … A tous les coups.

    - Allez, mes chéries, j’avoue, vous avez fait très fort cette fois-ci !

    Mais aucune fille n’apparut. Personne ne se présenta. Le regard joyeux de Bing Qing se changea pour laisser place à l’interrogation et à la méfiance.

    - Mais bon sang, où je suis ?

    Bing Qing commença alors à marcher dans les couloirs du bateau au temps éternel. Soudain, une voix retentit dans sa tête et lui ordonna de se diriger à gauche. Bing Qing se retourna la première fois, pensant que quelqu’un était là et lui parlait. C’était vrai dans un sens … Puis, une deuxième direction ! L’invité sauta de frayeur et tournait sur lui-même en imitant plus ou moins bien des positions de combat qu’il avait vu une ou deux dans les films de Bruce Lee. Et il ne se gêna pas à imiter ses cris aussi …

    - Je sais que vous êtes là ! Qui êtes vous ?! Je vous préviens, je suis championne d’arts martiaux ! Ouuaa iiin !

    C’était profondément grotesque, car la personne qui parlait à Bing Qing n’était qu’autre le Capitaine. Et le Capitaine de la Nef était invisible, imprenable ! « Continue tout droit » Dit une voix qui glaça le sang du champion d’arts martiaux. Cependant, dans un courage incommensurable, Bing Qing décida … de lui obéir. Finalement le Capitaine balada son invité aussi simplement qu’un âne avec une carotte.

    - Merde … Je dois revoir la chorégraphie de ma troupe. Repassez les costumes, et essayer ce magnifique ensemble cuir rose que je voulais mettre pour …

    Même le Capitaine hurla « SILENCE ! » dans sa tête. Bing Qing se tut et arriva finalement devant une porte. « Derrière cette porte se trouve la raison de ta venue. » Bing Qing était stressé, et comme à chaque moment de stress, il sortit de son sac à main de quoi se remettre un peu de rouge à lèvres et passa en revue sa tenue. Un tailleur jaune pour femme avec un pantalon noir bon marché. Bing Qing frappa finalement à la porte. Après quelques instants en entendant des bruits bizarres derrière cette porte, elle s’ouvrit. Une jeune fille apparut, elle était mignonne ! Il lui disait quelque chose …

    - Hui Ying ?
    - Mais entre, je t’en prie. Cela fait si longtemps que je ne t’ai pas revu. Que fais-tu ici ?

    Qu’est-ce qu’il faisait ici ? Mais, c’était à elle de le lui dire ! Bing Qing ne se laissa pas prier, il entra dans sa chambre où une tonne de livres et de réveils gisaient … Il prit place sur une sorte de pouf, en regardant tout autour de lui. Puis Hui Ying revint.

    - Je me suis toujours demandée comment tu avais pu partir si soudainement… Tu ne m’as même pas prévenue. Enfin, ça fait un peu idiot de dire ça en fait… Mais dis-moi plutôt ce qui t’est arrivé ensuite.

    Il ne se remettait décidément pas de revoir cette petite gamine qu’il avait tant apprécié. Et plus, il comprit mal sa demande.

    - Et bin … Comment je suis arrivé ici ? C’est étrange vois-tu …


    RECIT

    J’étais en train de travailler. On est en plein boum en ce moment à Shangaï, une grande soirée était organisée, et je voulais apporter quelques modifications à mon spectacle. Ah oui, je tiens un petit cabaret maintenant ma chérie, je t’expliquerai si tu veux … Bref, j’étais en coulisses dans la réserve, je cherchais ce magnifique tissu bleu turquoise qui serait tellement saillant sur ma petite nouvelle !

    Soudainement, le noir, l’électricité venait de se couper. J’étais en colère, car je me savais en retard !

    - Chen ! Remets le disjoncteur ! CHEN ! Raaah, faut tout faire sois même ici, heureusement qu’une femme est là pour tenir la boutique !!

    Je me suis aperçu rapidement qu’il n’y avait plus un rat dans la boutique en fait. Ils s’étaient toutes et tous volatilisés. Je commençais à y voir de moins en moins, comme si tout était absorbé par cette obscurité. Quand la lumière revint, j’étais ici ! Je pensais à une blague, mais cet endroit m’a l’air bel et bien réel. Une voix m’a parlé, m’ordonnait d’aller par là, puis par ici ! J’ai fait valoir mon refus d’obéir, en bon gentleman qu’il était, il n’a pas cherché à forcer une femme, mais bon sa voix était si … (dominatrice)

    A cet instant Bing Qing s’en morda la lèvre inférieure.

    Si gentille, que je ne pus refuser, et me voilà.


    RECIT

    - Maintenant, explique-moi où je suis …
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Hui Ying

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MessageSujet: Re: Intrigue n°2. visite de la famille [Hui Ying & Bing Qing]   Mer 9 Fév - 21:56

C’était probablement la première fois qu’ils se parlaient autant. Elle l’écouta patiemment, les mains jointes autour de ses genoux. Comme une enfant face à un spectacle de marionnettes, elle le regardait, interdite, gesticuler dans tous les sens. Ce corps émacié, cette attitude si étrange, ni vraiment homme ni vraiment femme, et pourtant quelque chose d’intriguant qui la poussait à rester en sa présence. Du reste, elle ne devait pas être la seule des deux à être intrigué par l’étrangeté de l’autre. A la fois si proches et si différents. Il lui semblait qu’un fossé les séparait, mais sa largeur était changeante, aussi incertaine que la fréquence des repas d’une vipère du peringuey. Elle l’appréciait vraiment, ce témoin d’un autre temps. Car il vivait dans un tout autre univers. Un univers lointain, si éloigné de sa vie quotidienne et de ses angoisses à deux francs six sous, qu’elle avait du mal à la concevoir.

Elle sourit paisiblement tandis qu’il lui narrait ses aventures. Enfin. Aventure, c’est vite dit. Mais toutes ces sonorités oubliées résonnaient au creux de ses oreilles. De nouveau, ce visage par trop fardé venait contraster avec la profondeur de sa voix. Ou plutôt la « masculinité » de sa voix. Elle ferma les yeux pour mieux profiter de cette voix si familière. Elle n’osait y croire, car de toutes les personnes qu’elle avait connues, c’était bien lui qu’elle avait le plus regretté. Maintenant qu’elle y pensait, le capitaine leur avait plus tôt confié un questionnaire portant sur la personne que chaque passager aurait souhaitée revoir. Bien sûr, elle avait hésité entre ressusciter le commandant Cousteau pour lui demander comment il s’y prenait pour apprivoiser de la sorte les otaries sauvages, et un mammouth pour étudier cette espèce à jamais éteinte… Mordillant le bout de son crayon avec affliction, elle avait finalement opté pour ce clochard plutôt sympathique. Et puis, elle qui était fort naïve, avait gobé les propos mensongers du capitaine lorsqu’elle avait osé prononcer ce mot inquiétant, puissant, véritable concentré des angoisses d’enfant, j’ai nommé le « pourquoi ». Il avait dit un truc du genre que c’était pure curiosité de sa part et patatati et patatata. Enfin. C’était tout de même une agréable surprise et il ne faut pas croire qu’elle le considérait comme la cinquième roue du carrosse comparé à ses fantasmes d’éthologues en herbe… Bon d’accord, on ne répond de rien de la part de ce steak de thon avarié. « Pourquoi un thon avarié ? », me direz-vous. Question inutile, réponse inutile. Qui a dit que l’existence avait un sens ? En ce qui concerne son clochard, peut-être que le fumet des poubelles et de la crasse lui manquait. Quelque chose de bien vivant, quoi… ou en passe de pourrir. Elle, elle voulait voir… mmh… et bien, le bouton de rose tomber de sa cosse, les oiseaux patauger dans le mazout… et tout le reste, quoi. Enfin, tout ce qui pu relever de la déchéance, du chaos et de la perte de la virginité.

Mais… c’est quoi la virginité, Hui Ying ? Je ne sais pas Hui Ying. Peut-être que ça fait référence à la viticulture, ça me fait penser à « vigneron ». Peut-être que la perte de la virginité, ça veut dire que les paysans quittent massivement la campagne pour la ville… A moins que ce ne soit un synonyme de « dictionnaire », Hui Ying. Ah bon, t’es sûre, Hui Ying ? Mais non abrutie ! Ca veut juste dire que Google est ton ami et que tu me casses les pieds à la fin !... Mais c’est qui Google, Hui Ying ?... Il ne manquait plus que le clignement d’yeux pour compléter le tableau. D’un côté une demeurée, de l’autre une sadique accomplie. C’est qu’elle n’était pas un cadeau, la cocotte. Ah, ça non!

Son regard voleta sur les traits de Bing Qing. Il était vraiment le même. Pourtant, une éternité avait passé depuis son départ… Jamais elle n’aurait cru qu’il puisse lui manquer à ce point. Car maintenant qu’elle le voyait, tous ses neurones étaient en joie de le revoir et le circuit de la récompense ne savait plus où donner de la tête. Elle soupira. Alors comme ça il tenait un cabaret… Il avait bien remonté la pente. Déplacement social intragénérationnel ascendant de courte distance, non ? Il avait donc réussi à s’en sortir…

Chose quasi-surnaturelle, il la fit rire. Oui, « rire ». Elle qui détestait toujours la compagnie de ses compères prenait plaisir à l’écouter parler. Il y avait chez lui quelque chose qui la ravissait, comme lorsque l’on revoit un vieil ami perdu de vue depuis des temps immémoriaux. Elle lui en avait bien voulu de l’avoir abandonnée, mais en voyant ce visage si familier, elle ne pouvait résister à la joie qui l’habitait. Son visage affichait donc une émotion –autre que la terreur ou l’angoisse. Néanmoins, elle ne comprit pas l’allusion à la voix sensuelle du capitaine, ni cet air extasié qu’arborait Bing Qing tout en se mordant la lèvre inférieure. Pourquoi ? Qu’est-ce que la voix du capitaine avait de si particulier ? Elle n’y avait auparavant jamais songé, et les propos du clochard la déstabilisèrent. Etrange…

Elle prit soudain conscience du fait que sa chambre ressemblait plus à un taudis qu’une cabine de bateau et entreprit d’empiler les livres qui traînaient çà et là, pour qu’on puisse au moins se frayer un chemin plus facilement à travers les décombres de ses heures perdues. Mais soudain, prise d’un élan de flemmardise intense, elle fronça les sourcils et réfléchit.

Bing Qing vivait il y a peu au milieu de sacs poubelles et de déchets en tout genre. Ma chambre ne devrait pas lui paraître si sale… Oh, mais ça va pas Hui Ying ! Fais pas ta femme de Neandertal, hein ! C’est pas parce que tu n’es pas terrorisée par ce grand nigaud qu’il faut que tu passes d’un extrême à l’autre, hein ! Alors bouge-toi un peu, sac à viande !

Tout en empilant les livres un à un, puis en les rangeant aux bons endroits en bonne bibliothécaire, elle répondit à la question de Bing Qing.

« Là, tu es dans ma chambre… mais bon, il y a bien d’autres pièces, hein… La cuisine, la bibliothèque, la salle à manger, et... je crois que c’est à peu près tout… »

Trou noir pour tout le reste. Hui Ying serait-elle l’exemple parfait de la théorie de la sélectivité de la mémoire ? Remarquez, ce n’est pas une grande surprise de la part de cette Asperger en puissance. Brusquement, prise d’un accès d’intense angoisse, elle se ressaisit.

« Enfin, euh… désolée, je viens de comprendre le sens de ta question… »

Silence gêné durant lequel la Chinoise cherchait une échappatoire, au pire un monticule de livres sous lequel elle pourrait cacher sa face de misérable. Pardon d’exister !

« … En fait, nous nous trouvons sur « la Nef ». Le capitaine m’a dit à mon arrivée que c’est un lieu entre la vie et la mort, une dimension parallèle en quelque sorte… on ne peut pas mourir à moins qu’il ne le décide… et on reste là sans rien faire, pour l’éternité… en attendant quelque chose qui n’arrivera pas… »

Se massant un sourcil du bout de l’index, elle chercha dans sa mémoire deux ou trois éléments qu’elle aurait pu oublier.

« Ah oui, de temps en temps, des jeux sont organisés. Ca fait passer le temps, quoi… Et puis le chef change de menu tous les jours… »

Il ne manquait plus que soirées télé, poulet rôti le dimanche et couvre-feu à 21h pour que ça fasse tout à fait maison de retraite, dans le meilleur des cas, prison ou asile. Enfin.

« Je me demande tout de même si tu vas rester pour toujours avec nous… Le capitaine ne t’a rien dit en particulier ? »
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Ryû Haru
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MessageSujet: Re: Intrigue n°2. visite de la famille [Hui Ying & Bing Qing]   Ven 25 Fév - 13:07

    Bing Qing n’était pas le genre de personne à écouter attentivement quelqu’un. Il faisait ce qu’il voulait, pensait ce qu’il voulait. Cependant concernant Hui Ying c’était tout à fait différent. Cette petite gamine, qui n’en était pas une au fond d’elle, était spéciale pour lui. Hélas, là fût son erreur. Il l’écouta de A à Z. « un endroit entre la vie et la mort », « dimension parallèle », Bing Qing commençait à s’inquiéter, c’était une plaisanterie n’est-ce pas ?

    - Hahaha ! T’as gagné en humour ma petite chérie !

    Cependant, Hui Ying ne semblait pas rire du tout. Elle restait sérieuse, ou plutôt sans expression. Bing Qing commença alors à comprendre que tout cela était vrai et cela expliquait en effet beaucoup de choses : son arrivée ici, cette voix si sexy dans sa tête, ça il aurait bien plu de la garder dans sa tête en restant ici. Mais ce n’est pas le souvenir de cette voix qui prit le dessus dans les pensées de Bing Qing, mais bel et bien la peur !

    - Qu’est ce que cela signifie ? Tu es coincée ici ? C’est ça ?! Mais si tu es coincée, je suis coincée aussi ! MAIS non, c’est une catastrophe, je ne peux pas !! Mon spectacle, ma troupe, mon cabaret !! Et puis pourquoi on m’a fait venir ? Quoi, tu te demandes si je vais rester pour toujours ici ?

    Dit-il en se levant de son pouf en circulant dans toute la pièce. Bing Qing réfléchissait, s’il avait atterri ici, c’est qu’il devait y avoir une raison de cette venue. Peut-être devait-il sortir Hui Ying de cette prison ? Comment il avait fait Clint Eastwood dans le Prisonnier d’Alcatraz déjà ? Ah non, on se trouve dans une autre dimension. Cela signifie donc qu’il faudrait coupler l’exploit de Franck Morris dans le contexte de Rencontre avec le 3ème type. Non, non mais décidément non, ils ne s’en sortiraient jamais. D’autant plus que Bing Qing ne se souvenait pas de tout dans ces deux films. Bing Qing rassembla tout son courage. Pointant son doigt le plafond de la chambre de Hui Ying, il déclara avec fermeté !

    - Ma chérie, il faut qu’on sorte d’ici ! Passe devant ! Je te suis …

    Quoi ? Vous attendiez à quoi ? N’oubliez pas qu’il fut pendant longtemps un clochard travesti. On vient de le plonger dans la Nef, laissez le reprendre son souffle. Mais Bing Qing ne plaisantait pas. Ne perdant pas une minute, il commença à attraper un sac posé dans un coin et commença à jeter quelques affaires plus ou moins utiles pour leur évasion.

    - Voyons, il faut que tu prennes des affaires. Ca, ça, ça, c’est quoi ça ? Livre de cuisine thaïlandaise rédigé par le manchot Gon Thaï, on prend ! Un réveil c’est toujours utile. Tu aurais du chewing-gum ? Il me semble que j’ai vu que ça pouvait servir dans un épisode de Mac Gyver. Raaah, mais qu’est ce que je fais ?!

    Bing Qing lâcha brusquement le sac à terre.

    - C’est inutile, on n’a rien qui peut nous servir. Comment on va faire pour sortir d’ici ?!! Hui Ying, avant que ma dernière heure ne soit venue.

    Et voilà ! Il manquait plus que cela. Si le capitaine était présent depuis le début de la scène, je peux vous confirmer en ma qualité de narrateur de la Nef qu’il partirait sur l’instant. Après la peur, la panique, le courage, l’espoir et l’ingéniosité, Bing Qing nous rendait grâce du dernier acte de son théâtre : l’adieu final !

    - Je t’ai toujours apprécié ma petite, mais cette épreuve sera trop dure pour une femme comme moi. Pars !! Je ne serai qu’un poids dans ton évasion !
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Hui Ying

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MessageSujet: Re: Intrigue n°2. visite de la famille [Hui Ying & Bing Qing]   Lun 28 Fév - 0:36

Hui Ying tressauta. Ses gestes étaient toujours aussi vifs et inattendus. Elle le suivit donc des yeux, tétanisée, tandis qu’il faisait les cent pas. Non, ne m’en veux pas, ce n’est pas ma faute. Moi, je ne suis qu’une petite fille fragile. Pardon, mais alors vraiment pardon, d’exister ! Je me ferai seppuku pour corriger cette erreur que la nature a commise, je t’en donne ma parole !...

Oh, oh, oh ! C’est pas bientôt fini tout ce cirque, grosse débile ! Oui, pardon Hui Ying. Pardon ! Oh, mais ça va bien, hein ! Tu vas arrêter un peu de t’excuser sinon, pas de brocolis ce soir ! A la place, ce sera pieds de porc en gelée et frites de patates douces ! Oh non, ça, c’est bas Hui Ying ! Tu sais pourtant que je n’aime pas tout ce qui est lourd… Raison de plus pour m’écouter petite ingrate ! Quand je pense à tout le mal que je me donne pour que les autres te voient un peu plus comme une personne saine d’esprit, et toi, toi, qu’est-ce que tu fais ? Tu ruines tout avec tes délires à la con ! Parfois, je me demande vraiment pourquoi j’en fais autant pour toi... Bon d’accord, je vais me tenir tranquille… C’est bien, j’aime mieux ça… Au passage, tu en profiteras pour me faire une tarte aux figues. Et pas trop sucrée, pas trop salée et pas pendant la journée !

La débile mentale lâcha son pouce qu’elle avait mordu jusqu’au sang, et cessa de se balancer d’avant en arrière. Perplexe, elle contempla son doigt revenir peu à peu à la normale. Comment se fait-il que ses blessures disparaissent toujours aussi facilement ? C’en est déconcertant à force. Remarquez, elle n’a qu’à faire plus attention à ne pas se faire mal sans arrêt… Peut-être que Hui Ying est SM au fond… ou pas. Lorsque son acolyte pointa le doigt en l’air, elle suivit ce dernier. Quoi ? Que me montres-tu ? N’ai-je pas assez bien astiqué mon plafond qu’on y trouve encore des araignées ? Remarquez, c’est mignon les araignées : c’est velu, donc tout doux, ça vient vous faire des bisous dans le cou, donc choupinou, et ça vous regarde avec de grands yeux pleins d’admiration, donc super gnougnou… Elle eut une soudaine crise de spasmes. Aurai-je écrasé un de ces frêles êtres en passant le balai ? Ah, je ne m’en remettrai jamais. J’ai ôté la vie ! Ah, cruelle est la vie qui m’oblige à commettre l’irréparable, je devrais… Hui Ying ! Bon, bon, je me tais…

Elle revint à Bing Qing. Peut-être était-ce un code… Elle leva elle aussi le doigt en l’air.

« E.T. retour maison ? »

Ce n’était peut-être pas ce qu’il attendait en fait… Heureusement, elle n’avait fait que murmurer. Sortir d’ici ? Elle baissa le doigt, perplexe.

« Oui, mais comment ? »

Il ne lui répondit pas, mais commença à fouiner dans ses affaires. Elle manqua de défaillir, mais se contint et ne sortait de sa bouche qu’un faible cri plaintif… Non, ne touche pas à ça… Pas ça non plus… Ahhh, c’est très fragile… Se résignant tout à fait, elle attrapa elle aussi un sac et chercha dans son foutoir ce qui, dans leur fuite, pourrait leur servir. Tiens, un blinder… c’est toujours utile, ça… une boîte d’allumettes… un Larousse des noms propres…

Quoi ? Tu veux du chewing-gum ? Elle releva la tête, effarée. Jamais, au grand jamais cette abomination du démon ne pénétrerait dans son sanctuaire de l’art culinaire. Un chewing-gum ici et je ne m’appelle plus… Elle fronça les sourcils… Comment je m’appelle déjà ?

« Non, je n’en ai pas. Par contre, j’ai toujours un bout de ficelle et quelques trombones… »

Et oui, Hui Ying avait déjà appuyé sur le bouton magique d’un morceau de plastique qui, étrange mystère de la nature, ô combien étrange, avait fait surgir une image à la surface d’une boîte métallique dont on lui avait vantée les mérites. Munie du mode d’emploi, et à grands renforts de mordillements de la lèvre inférieure, la pauvre enfant avait lancé le premier assaut, j’ai nommé le channnngement de chaîne ! Lorsque la deuxième image eut succédé à la première avec brio (« avec qui ? » songerait la candide Hui Ying), elle avait été confrontée à un feuilleton des plus spéciaux : un homme arrivait à construire un scooter des neiges ou même une montgolfière et ce, avec un simple fil de fer ! Cet évènement fut d’ailleurs si traumatisant qu’elle n’en dormit pas durant plusieurs jours, cherchant encore et toujours une raison tangible à ce révoltant phénomène.
Après tout, j’ai bien la vie éternelle alors pourquoi ne pourrait-il pas lui aussi être doté de capacités hors-normes ? Non, non, je n’admettrai pas une telle infamie ! (ça fait bien, hein ?) Vous l’avez compris, cette chère enfant -brave petite-, ne faisait pas la différence entre la fiction et la réalité et comptait pour argent comptant (comment donc ?) ce qu’on lui disait. Si quelqu’un lui avait dit qu’il descendait de la cuisse de Jupiter, elle l’aurait cru sans hésiter et aurait demandé un autographe –oui, brave petite. Depuis, elle s’était aguerrie et avait bravé avec Qi (elle en avait eu marre de brio et décida de changer de crèmerie) le petit écran, devenant la première téléspectatrice à appuyer chaque semaine sur son bouton de télé pour être témoin des exploits de « Monsieur Mac Gyver ». Mais loin de se résoudre à une simple supériorité de cet humain si commun, elle qui excellait au « rubicube » (votre médecin vous déconseille d’essayer à moins d’admirer en secret cette désaxée et de vouloir lui ressembler au plus près…), qui savait plier une carte routière du premier coup, ou encore qui arrivait à faire un nœud papillon avec une queue de cerise en mâchonnant comme il faut, elle était en mission impossible pour percer à jour le secret de sa force. Ah ah, je te vaincrai ! Semblait exprimer la fillette, un doigt levé en l’air dans une pose magistrale, en jogging et pantoufles, dans son salon. Mais elle se rasseyait bien vite pour siroter son Lapsang avant qu’il ne refroidisse, une couverture autour des épaules, dans la demi-obscurité, devant sa télé. Epique destinée,… gnégné

Bing Qing commençait un mélodrame. Hui Ying releva la tête et le regarda s’agiter. Sans le son, on aurait aussi bien compris son désespoir à travers toutes ses contorsions, mais les cris qu’il professait avaient le mérite de vous percer les tympans, et le tout avait pour résultat de vous saisir à vif comme un steak jeté dans une poêle... Si ça ne vous parle pas, disons que c’était un peu comme assister à un concert de nô. Tout en continuant de le fixer, elle s’enfila des boules quies, puis, quand l’orage se fut calmé, elle les déboucha placidement et alla préparer un peu de thé dans la cuisine qu’elle s’était improvisée dans un coin de sa chambre. Ainsi, quand le clac de la bouilloire retentit, elle versa l’eau dans la théière, et revint vers son invité. Elle posa le tout sur une petite table basse qu’elle sortit de nulle part.

« Tiens, ça va te faire du bien… »

Elle se sentit soudain un peu stupide et rougit en détournant le regard.

« Ca va nous aider à réfléchir… »

Elle prit une des tasses et s’apprêta à boire, mais se brûla le bout de la langue si bien qu’elle manqua de pleurer. Héroïquement, elle tenta de ne rien faire apparaître pour garder la face, avalant les quelques gouttes brûlantes. Elle manqua de loucher de douleurs, mais celle-ci passa. Elle le fixa alors, songeuse.

« Raconte-moi une histoire…N’importe quoi… »

Saint-Exupéry n’avait qu’à aller se rhabiller !
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Ryû Haru
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MessageSujet: Re: Intrigue n°2. visite de la famille [Hui Ying & Bing Qing]   Dim 13 Mar - 14:56

    Bing Qing n’en revenait pas, Hui Ying ne semblait pas attristée ni même affolée d’une quelconque façon par le fait d’être enfermée pour l’éternité dans cette « prison ». Elle proposa même du thé à Bing Qing pour qu’il aille se rasseoir et qu’il se calme. Mais … N’en avait-elle rien à cirer de son sacrifice héroïque afin qu’elle s’échappe seule, en le laissant ici derrière elle ? Bing Qing ne comprenait plus rien en fait. Etait-ce finalement si désagréable si tragique d’être enfermé en ce lieu ? Au souvenir de la voix du Capitaine, l’invité de Hui Ying douta et recommençait à fantasmer sur la voix autoritaire du Capitaine de la Nef. Et vous avez de la chance de m’avoir comme narrateur, car je vous ôte les scènes invraisemblables et érotiques qui naissaient dans les pensées de Bing Qing. Bref … Après quelques minutes d’auto-illusion érotique, Bing Qing reprit son calme et alla s’installer auprès de son amie. Le thé était encore brûlant, et voilà que Hui Ying lui demanda.

    - Raconte-moi une histoire… N’importe quoi …
    - Une histoire ? N’as-tu pas passé l’âge de pouvoir t’endormir ou de t’émerveiller en écoutant une fabuleuse histoire ?


    Aucune réponse. Visiblement, la « jeune » amie de Bing Qing semblait tenir à ce qu’il lui raconte une histoire. Il chercha … Que pourrais-je bien lui raconter ? Pensa t-il. Et finalement, il trouva. Bing Qing lui avait dit qu’il lui raconterait comment il avait réussi à monter son cabaret. Et Hui Ying voulait effectivement connaître les détails de la montée d’un clochard à celui d’un gérant de cabaret.

    - Bon, si tu y tiens, je peux te raconter comment j’ai réussi à monter mon petit cabaret.

    Bing Qing marqua une pause pour bien organiser les choses dans sa tête tout en tournant délicatement la cuillère dans la tasse de thé. Plongeant dans ses pensées, Bing Qing recommença à penser au Capitaine !! Bing Qing !!

    [Conversation psychique ON]

    - Oui ?
    - Tu embêtes tes lecteurs avec tes envies homo-sensuello-érotiques !
    - Je n’y peux rien … Le simple fait de penser me fait rappeler que sa voix gorgée de caractère et d’autorité pourrait resurgir à tout instant comme l’érec…
    - STOOOP !!!
    - Quoi ?
    - Bing Qing, Hui Ying, Cabaret, Histoire, c’est tout !
    - D’accord …


    [Conversation psychique OFF]

    Bing Qing eut une absence (Bing Qing : Salaud !) BING QING EUT UNE ABSENCE, et s’en excusa auprès de Hui Ying.

    - Hm hm … Excuse-moi … Je commence. Comme j’ai déjà du te le dire, j’ai été drag queen pendant une dizaine d’années. Ce fût une grande période de ma vie, où j’ai appris mon métier, rencontrer des personnes qui ont compté énormément pour moi, et j’ai bien rigolé. J’ai même rencontré l’homme de ma vie dans ce café-théâtre de Hong Kong. Mon regretté Ken … Cependant, un regrettable incident fit que j’ai été mis à la porte. Ken avait disparu et du jour au lendemain je me suis retrouvé dans la rue.

    Tu te rends compte, une femme si fragile comme moi ? La première année fut la plus difficile, j’ai mis beaucoup de temps à surmonter le fait que je ne pouvais plus m’occuper de mes ongles. Bon je continue … Et puis un jour, j’ai rencontré une fantastique jeune fille avec qui j’ai sympathisé. C’était toi ma chérie.


    Le conteur marqua une seconde pause pour boire une gorgée de thé, SANS REPENSER AU CAPITAINE (Bing Qing : Oh ça va …), et continua son récit.

    - On a passé pas mal de temps à discuter de la vie ensemble. J’ai appris à t’apprécier, et un jour tu m’as ouvert les yeux. J’ai mis un temps à partir, car je ne voulais pas te quitter ma chérie, je tenais à toi. Mais il fallait que je me tire de là, parce que je n’étais pas ce qu’on pouvait appeler une amie respectable ou qu’on pouvait en être fier. Je voulais retrouver Ken aussi.

    Je repartais donc à Hong Kong pour retrouver sa trace en commençant par le café-théâtre. Quand je suis enfin arrivé, on m’apprit qu’il était décédé dans un accident de voiture, il avait de son côté continuer à me chercher mais sans jamais me retrouver. Mais l’histoire ne s’arrêta pas là, bien au contraire, quelqu’un vint me voir pour me demander si j’étais bien monsieur Zhang. Mademoiselle Zhang, nom d’un chien ! Cet homme était un notaire, et il m’apprit que le testament de Ken était à mon nom, tout le long en fait. Je n’ai pas hérité de grand-chose pour la plupart des gens, mais pour moi c’était énorme ce qui allait suivre. J’héritais de son appartement et de ses économies. Dans son testament, il dévoila le rêve qu’il avait un jour de monter …


    Bing Qing … s’arrêta en se mordant la lèvre.

    - Hm … euh …. Son cabaret avec moi. Et c’est là qu’est partie l’idée de racheter un petit cabaret. Je voulais réaliser son rêve. Mais c’était une entreprise difficile à mener pour moi, cependant j’ai rencontré quelqu’un, un homme, un vrai !

    Ce que ne mentionne pas Bing Qing dans son récit, c’est que son homme était en fait une transsexuelle (Bing Qing : Tu ne parles pas de mon mec comme ça !!). Poursuivons …

    - Le coup de foudre, il m’aida à réaliser mon projet. On a monté une troupe, et petit à petit et grâce à nos économies on a réussi à se tailler une clientèle. Je gère le cabaret depuis un an maintenant, tout se passe plutôt bien. Les filles de la troupe sont adorables, je les adore tu sais. Ce sont un peu comme mes filles, je les paie bien, elles sont payées autant qu’un homme d’ailleurs !! Mon établissement est irréprochable dans l’égalité des sexes et … et on s’écarte du sujet. Voilà.

    Finit-elle / il par dire avec un grand sourire, puis en rebuvant une gorgée de thé en battant des cils.

    - Et toi, n’as-tu pas des choses à me raconter ? Les aventures palpitantes de Hui Ying !!

    Un silence pesant se posa …

    - Tin tin ! TIN TIN TIN TIN ! Pardon …
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Intrigue n°2. visite de la famille [Hui Ying & Bing Qing]
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