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 Mais... où je suis? [PV Anton]

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François Jordan

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MessageSujet: Mais... où je suis? [PV Anton]   Jeu 30 Déc - 2:19

C'était le noir complet. Que se passait-il? Etait-il mort? L'inquisiteur n'en savait rien. Mais il ouvrit très lentement les yeux. Il huma l'air, restant couché sur le dos, sa capuche rabattue sur sa tête l'empêchant de voir quoique ce soit. Cela sentait un peu le bois selon lui, mais il y avait aussi la présence d'autres odeurs qui lui étaient fortes inconnues. Etait-il dans un cercle de sorcières qui avaient mis autour de lui des plantes utiles pour ses sacrifices humains pour le diable? Il trembla légèrement, sentant qu'il se passait quelque chose de mauvais dans les parages. Lentement, il se releva, afin d'être en position assise. Il poussa ensuite la capuche un peu en arrière afin de s'apercevoir qu'il était dans la pièce la plus étrange qu'il avait vu de toute sa misérable vie d'homme d'église. Il était là, sur une sorte de plateau en hauteur, avec devant des dizaines -voire même plus- de sièges recouverts d'un tissus rouge qui semblait de loin être agréable à toucher. Le garçon se leva en vitesse, chercha dans sa poche son crucifix, tremblant de tout ses membres. Le trouvant enfin, il le prit et le brandit devant lui, regardant à gauche et à droite, comme si il s'attendait à ce que quelqu'un l'agresse. Où était-il? Telle était la question. Il avait peur, il fallait bien l'avouer, d'être tombé dans une pièce dédiée aux sacrifices humains. A moins que... Ce plateau en hauteur.. était-il plutôt dédié à faire brûler les sorcières? Non, il n'en n'était pas une de ces personnes pratiquant la magie noire, pourquoi était-il ici? Tout en regardant autour de lui, il récita une prière, suppliant le Seigneur de l'aider, de le soutenir. Puis, il se rappela de quelque chose, ce qui lui fit baisser sa garde. Comment a-t-il pu arriver à cet endroit? C'était impossible qu'il y soit aller de lui-même.

Laissant échapper un soupire, il se rassit sur le sol, et passa une main dans ses cheveux, essayant de se rappeler qu'est-ce qu'il avait fait la veille. Il se rappela alors de ces bandits qui l'avaient agresser auparavant avant de tenter de mettre le feu à la forêt. Etait-ce ces hommes qui l'avaient emmenés ici? Il tressaillit. Ça se pouvait très bien. Mais pourquoi mettre le feu à une forêt si on veut emmener ailleurs sa victime? Bonne question. Et si une sorcière ou un sorcier l'avait sauvé hein? L'avait emmené ici dans l'espoir de trouver un cobaye, un sujet de science: est-ce que les inquisiteurs avaient un cœur pour provoquer autant de morts? Il bondit sur ses pieds, et brandit encore une fois l'objet sacré. Il avait les dents serrées et était prêt à attaquer tous ceux qui viendraient là pour lui faire du mal. Il vit une porte au fond de la salle. Un moyen de savoir où il était? Peut-être. Il avança prudemment de quelques pas avant de se mettre en tête une chose: et si cette porte était un piège? Ou bien la porte des Enfers? Il recula de quelques pas, ne préférant pas tenter de sortir de cette pièce.

François se demandait que faire. Rester là à ne rien faire ou bien trouver un moyen de s'évader? Puis, il cru entendre du bruit. Il se cacha alors derrière les rideaux, ayant un peu peur que ce soit un puissant mage ou une vieille sorcière qui entrait. Le jeune homme risquait très légèrement des coups d'œils pour voir qui venait.
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Anton Halvor

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MessageSujet: Re: Mais... où je suis? [PV Anton]   Jeu 30 Déc - 3:15

    Euphorie.


    Le jeune homme se sentait bien. Trop bien pour que ce soit vrai, mais pas d'importance. Il était bien. Terriblement bien. Peut-être, peut-être un peu de restes d'alcool dans le sang ? Peut-être. Peut-être pas. Il ne se rappelait pas. Il n'y pensait pas. A vrai dire, il ne pensait même pas. Il se contentait d'être. Quoi d'autre ? Ici, dans leur habituelle prison, il ne pouvait pas faire grand-chose d'autre. Il ne pouvait pas se permettre de mourir. Ils n'y étaient pas autorisés. Il ne pouvait blesser personne. Ca ne marchait même pas.

    Non, tout ce qu'ils avaient à faire, c'était d'être. Entre ici et là-bas. Perdu entre deux lieux plus ou moins significatifs. Perdus. Où qu'ils soient, ils étaient perdus. Anton pinça les lèvres. Depuis qu'il était levé, ses pensées tournaient dans le bon sens. Elles ne devaient pas dérailler maintenant. Il ne voulait pas retomber dans cet ennui, cette douce folie qui l'amenait à souhaiter tout, tout ce qu'il avait pu détester, mais qui aurait le mérite d'animer son quotidien. Dans ces moments, il souhaitait les voitures, les klaxons, les hurlements des ambulances, le coucher de soleil. Toutes ces choses qui, de son vivant, l'angoissaient terriblement, mais dont l'absence, dans son purgatoire, l'angoissaient tout autant.

    Un sourire vague, flou, un sourire absent flottait sur les lèvres du jeune homme. Ce n'était pas la joie, ce n'était plus l'euphorie, ça ne pouvait pas être le bonheur. Non qu'était-ce ? A part la folie ? Une folie sinueuse, sournoise, qui s'infiltrait dans tous les pores de sa peau par l'ennui, par l'air marin, par la lassitude des jours qui se suivent et sont les mêmes.

    Après avoir pris un léger repas dans la salle à manger, l'adolescent se sentait lourd. Empli de vide, empli de mots, empli de tout, vide d'envie. Non, non, pas cette léthargie doucereuse, agressive, qui menaçait de s'emparer encore de lui ! Tout mais pas ça ! Besoin de renouveau. Voilà, il lui fallait du nouveau.

    Il se dirigea d'un pas énergique jusqu'à sa cabine, troquant ses survêtements contre quelque chose de plus élaboré. Il avait trouvé des merveilles, dans le coin. Des chaussures à semelles compensées, qui se laçaient le long du mollet. Un pantalon, déchiré par endroits, qui laissait entrevoir des parties de ses jambes. Une veste rapiécée, couverte d'inscriptions qu'il n'avait pas lues, mais qui devait sans doute être des messages révolutionnaires. Tout en rouge et noir. Il s'était maquillé, légèrement, le tour des yeux. Souligner son regard pâle. Avait mis la chaîne reliant sa lèvre à son oreille et toutes les bagues qu'il pouvait trouver. Le jeune homme ne s'était jamais aussi bien habillé depuis son arrivée. Il se disait que, avec de la chance, s'habiller comme à l'habitude le rendrait un peu plus joyeux.

    Une fois paré, il reprit sa marche, cherchant vaguement de quoi s'occuper. Il n'avait pas forcément envie de voir du monde. Pourtant, il avait envie de parler, de s'exprimer. Il voulait hurler, rire, parler, jouer, chanter, gronder.

    Le jeune adolescent Allemand se trouva par hasard devant la salle de théâtre. Voilà ce qui lui fallait. C'était parfait. Sa mère lui avait confié, un jour, qu'elle adorait ça. Elle adorait se retrouver sur une scène vide, et laisser les mots lui venir. Peut-être juste se taire, et contempler l'immensité vide d'une salle, imaginer un public. Se taire et admirer. Chanter, parler, dire n'importe quoi. Raconter sa vie, s'en inventer une. Elle adorait ça, ce sentiment d'extase. Cette puissance, mêlée à la vulnérabilité. On vous écoute, mais on peut si facilement vous briser à vie.

    Anton ouvrit la porte, un frisson lui hérissa les cheveux. L'air ambiant n'était qu'à peine plus froid qu'au dehors, pourtant il lui parut qu'il entrait dans un réfrigérateur. Il atteignit rapidement la scène. La lumière tamisée invitait aux confidences. On y voyait clair, mais pas parfaitement. Il parcourait la salle des yeux, les sièges vides. Cette salle semblait morte. Cette pensée lui fit froid dans le dos.

    Alors qu'il s'avançait vers l'avant de la scène, un bruit lui fit tourner la tête. Il aurait juré que les rideaux avaient bougé. Il en était persuadé. Poussant un soupir d'exaspération, il murmura, pour se maudire, et se rassurer :

    - Arrête les films d'horreur, mon pote...

    Mais, alors qu'il avait presque réussi à s'auto-persuader, il entendit le même froissement de tissu. C'était à peine perceptible. Un peu trop terre-à-terre pour mourir de peur tout de suite, il voulut s'humilier devant lui-même.

    D'un pas décidé, il se dirigea vers le fameux rideau et le tira d'un coup sec. Les yeux fermés ( des fois que, sait-on jamais ), il grommela des insultes entre ses dents. Il ouvrit finalement les ye...

    - Aahh !

    Un cri de surprise lui échappa, et il fit plusieurs pas en arrière. Qu'est-ce que c'était que ça ?! Un humain, il le savait très bien. Il n'était pas idiot à ce point là. La main à l'endroit du coeur, il gémit :

    - Faut pas me faire des peurs comme ça... J'ai failli faire une attaque.

    Que faisait cet individu derrière les rideaux, au juste ? L'adolescent avait une attitude défensive. Les jambes légèrement écartées, pour s'assurer un meilleur aplomb, le poids du corps réparti sur une jambe, pour s'assurer la fuite, les mains à hauteur du torse, pour s'assurer une défense, le regard rivé sur l'inconnu, pour s'assurer un temps d'avance.
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MessageSujet: Re: Mais... où je suis? [PV Anton]   Jeu 30 Déc - 5:40

L'inquisiteur respirait tout doucement. Il s'attendait à une attaque, il était prêt à se défendre. La personne qui venait tout juste d'entrer parla. Etait-il avec un autre inconnu? Bonne question. Mais il disais des mots fort étranges... Film... Pote... Un sorcier? Un frisson parcourut l'échine à François, découvrant qu'il était malheureusement en compagnie d'un mage, peut-être puissant. Il s'imaginait déjà le nouveau-venu; un homme plus grand que lui, habillé d'une robe de sorcier avec un grimoire en main. Ah moins qu'il ne se soit vêtu comme un humble paysan pour se faire moins remarquer. Il posa sa main sur le long ruban qui l'entourait par-ci par-là, avant de remarquer qu'était accroché une dague. Tiens, depuis quand avait-il ça? Certainement en venant ici non? En tout cas, il le prit et se prépara à l'attaque. Mais si cet homme-là qui disait des mots forts étranges était en réalité qu'une victime d'un suppôt de Satan? Il fallait plus le sauver que le tuer. Bien que la mort était certainement une très bonne solution.

François restait derrière le rideau, bien qu'il recula d'un pas ou deux pour moins se faire remarquer par cet inconnu. Les bruits de pas se faisaient de plus en plus proches. Il serra les dents, et pria Dieu dans sa tête de l'aider à vaincre cette innocente âme salie par les péchés et le satanisme. Il fit un signe de croix avant de regarder le crucifix puis la dague. Cette dernière lui servira sans doute à survivre, et à se battre contre cet homme si jamais il le fallait. Enfin, les bruits de pas se faisait proche, et François semblait entendre un tout petit peu la respiration d'une personnes proche de lui. Il cessa de respirer, tremblotant un peu. Pourquoi avait-il peur? Pourtant, il avait souvent rencontrer des sorciers (ou du moins des sorcières, puisque ce sont majoritairement les femmes qui pratiquaient la magie) et s'était bien souvent battu avec eux avant de les envoyer au bûcher. Cependant, là c'était un peu différent. Il était dans un lieu étrange qu'il ne connaissait pas, et il ne savait même pas comment il était arrivé ici. Est-ce que cet homme était son geôlier? Il laissa échapper un petit grognement, se décidant à vaincre ce démon coûte que coûte.

L'inquisiteur vit le rideau être tiré. A peine avait-il vu le jeune inconnu qu'il avait déjà brandit son crucifix. Le futur brûlé hurla avant de reculer de quelques pas. Etait-ce... l'effet de l'objet sacré? Il n'y avait pas de doute là-dessus. Ce jeune homme était bel et bien un sorcier. Mais son physique choqua énormément François qui recula de quelques pas. L'homme était dans une horrible tenue. Il avait une chose bizarre accrochant son oreille et ses lèvres... Et cette, et ce bas qu'il avait! Il montrait des parties de ses jambes! Le reste le choquait aussi! Entre nous... L'adolescent aurait largement préférer rencontrer un homme en robe de sorcier que dans un tel accoutrement. Il brandit encore une fois son crucifix entendant alors la dernière phrase du jeune inconnu. Il répéta:

"J'ai failli faire une attaque?"

Une attaque? Ce sorcier-là avait prévu de l'attaquer? De le blesser et d'en faire un sacrifice à son maître vénéré qui n'était autre que le Malin? Un frisson lui parcourut l'échine, il avança de trois pas, brandissant toujours l'objet qui était sacré dans sa main.

"Mon cher sorcier. Puis-je vous appelez ainsi, car vos premiers dires me semblaient fort incompréhensibles? Bien que vous ne valez guère la peine que je vous le demande. Regardez dans quelle tenue vous êtes! N'avez-vous point honte de révéler à tout le monde certaines parties de votre corps? Priez mon ami que Dieu vous pardonne ceci!"

Il avança encore de quelques pas, étant très sûr de lui. François avait l'air menaçant, il ne s'empêcherait guère d'attaquer cet homme qui avait faillit l'attaquer.

"Je souhaiterais bien vous mettre au bûcher afin que vous puissiez rejoindre en Enfer tous vos complices du Mal avec votre seigneur le Diable. Mais fort malheureusement, je ne puis faire cela. Je ne sais point où je me trouve et je souhaiterai vous demander que deux petites choses. D'abords, est-ce vous qui m'avez emmené ici tandis que j'étais inconscient? Où sommes-nous? Et pour terminer..."

François, dans son sadisme d'inquisiteur -allez avouer qu'ils n'étaient pas sadiques-, afficha un grand sourire qui ne valait rien qui vaille avant de terminer:

"Préférez-vous que je vous brûle sur une place publiques afin que tout le monde puisse voir votre chaire disparaître peu à peu ou bien discrètement dans cette salle-là forte étrange? Et sachez que malgré le choix que vous faites, vous pourrez vous confesser auprès de moi ou d'un autre homme d'église..."

Il s'imaginait déjà ce sorcier en train de pourrir dans le feu. Rien de plus plaisant que de s'imaginer cette scène face à un pratiquant de la magie.
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MessageSujet: Re: Mais... où je suis? [PV Anton]   Jeu 30 Déc - 15:45

    L'inconnu brandissait un cout... Crucifix ? Anton fronça les sourcils. A notre époque, le pauvre bougre ne pensait pas se défendre avec une vulgaire croix en fer, si ? Le jeune Allemand, il faut le dire, avait été éduqué à ne croire en aucun Dieu. " Crois en toi, mon chéri, ce sera déjà un grand atout. " Certes, mais aujourd'hui, il ne croyait plus en rien. Ni en lui, ni en l'espoir des jours meilleurs. Il était blasé de tout, usé de vivre. A son âge, quel terrible malheur que celui de n'avoir plus rien à faire ici. En plus, comble de l'injustice, comble de la mauvaise foi qu'avaient les Dieux à son égard, la Mort l'avait refusé, et l'avait condamné à vivre ici. Ici ! Dans cette absence de tout et de rien, dans cette immobilité solide, ce ronflement éternel. Leurs vies dormaient, pour l'éternité, les condamnant à un sommeil sans rêve, sans trêve. Ils étaient là pour toujours, et c'était ignoble à penser. Une éternité en compagnie de ces pauvres hères. Pas qu'il les méprise, qu'il les maudisse, non non, du tout. Simplement, il n'aimait pas la compagnie de son vivant, et ici, il n'avait pas le choix. Toujours quelqu'un pour briser la plus infime solitude.

    Comme ce fou, juste là, juste en face, qui lui procurait une peur sans nom. Pourquoi ne cessait-il pas de brandir sa croix, comme un gamin son ballon dans les fêtes foraines ? Ah, les fêtes foraines... Un souvenir lui revint en pleine face, par vagues sensations.

    Il la tenait par la main, ils sautillaient entre les manèges. C'était le bonheur, parfait, la vie parfaite, le temps parfait. Elle le regardait en souriant, ses longs cheveux lui revenant devant les yeux. Elle riait, il riait avec elle, ils se chatouillaient, lui se roulait en boule au sol, pour échapper à l'attaque. Puis il s'enfuyait en courant, pour ne plus subir ses assauts. Immense erreur. La foule se refermait au dessus de lui, le dévisageait de ses gros yeux.

    Perdu, perdu, perdu, perdu, perdu, perdu, perdu, perdu, perdu, perdu.

    Le souffle lui manquait, il allait mourir, là, sous la masse, écrasé, étouffé. Il allait mourir, c'était fini...

    " J'ai failli faire une attaque ? "

    L'homme le tira de sa rêverie en répétant son exclamation. Il semblait suspicieux, comme si il ne comprenait pas ce qu'Anton avait voulu dire. Comme si il pensait qu'il signifiait autre chose. D'une voix pâle, reculant d'un même pas que l'homme avançait, il clarifia :

    - Cardiaque. Une attaque cardiaque, quoi...

    D'où sortait-il, celui-là ? Son esprit, assez fermé aux divagations de la Nef, n'avait pas encore assimilé le fait que des êtres, venant d'un temps ancien, très ancien, pouvaient arriver après lui, alors qu'ils étaient morts des siècles auparavant. Il s'était déjà arrêté sur le problème, réfléchissant par des calculs très poussés, des réflexions très techniques, et avait cru qu'il allait imploser. Pour lui, tous ceux qui arrivaient après lui, venaient d'après 2010. Qu'est-ce qui lui permettait de dire que cet homme là n'était pas là depuis très longtemps ? Eh bien, on ne l'avait jamais mis en garde contre un fanatique religieux.

    Le fou (Anton avait conclus qu'il ne pouvait être rien d'autre que fou), le traita de sorcier, avant de critiquer sa tenue et de lui demander de prier Dieu. L'adolescent soupira. Il faisait exactement la même chose que la plupart des gens, il critiquait sa tenue, le traitait de débauché. Seulement... Quelles accusations étranges. Sorcier ? Propos incompréhensibles ?

    Dans son cynisme et sa provocation habituels, Anton manqua de lui rétorquer que, oui, il avait très honte, mais qu'il avait été attaqué par le Kraken en sautant du pont dans un accès de désespoir. Ou alors que, si son Dieu avait bien voulu le pardonner, il ne serait peut-être pas échoué ici, avec des fous dans son genre. Alors qu'il cherchait intérieurement la meilleure réplique, il constata avec horreur que l'autre avançait vers lui.

    - Heu...

    S'arrêtant là pour ne pas prendre plus de risques, il reculait encore, tout autant que l'autre, songeant que bientôt, la scène se déroberait peut-être sous ses pas. Anton se rappela son dégoût profond pour le combat, et espéra qu'il n'aurait pas à se défendre. Il allait tenter de parler, de calmer cet abruti qui le menaçait avec une vulgaire croix. Mais si ce n'était qu'un abruti et une vulgaire croix, pourquoi reculait-il, ce pauvre diable ? Peut-être l'air, la menace qui planait sur son visage. Et ses mots. Voilà qu'il allait l'envoyer en Enfer avec tous ses complices etc... Il voyait double ? Non, non, c'était bien sur lui qu'il fonçait.

    Inquisi quelque chose ! L'adolescent fut frappé d'une illumination. Il était ça, lui. Il traquait le "mal" et brûlait le "mal" à tout bout de champ. C'était comme ça qu'il l'avait appris, quelques années plus tôt. Il pâlit à vue d'oeil. Ainsi, cet Inquisitruc le prenait pour le "mal" et voulait lui faire payer ses délits. Anton était terrorisé par le feu. Il s'était brûlé, une fois, et ça lui avait, comme qui dirait, laissé un souvenir cuisant. Il ne voulait pas mourir brûlé. Non, non, non. Ah, pire ! Il ne pouvait pas mourir ! Ainsi il brûlerait, dans une douleur atroce, jusqu'à ce que le feu s'éteigne. Sa chair se calcinerait et il ne pourrait penser à rien d'autre. Et l'autre verrait qu'il ne meurt pas, il le prendra pour un monstre et il le fera encore brûler, encore et encore. Non, non ! Il devait le convaincre, le convaincre de son innocence.

    L'inconnu finit par lui demander où il était. Il venait donc d'arriver. Donc il n'était pas vraiment inquisiteur et se prenait pour tel. Mais il ne jugea pas utile de le lui faire remarquer. Ensuite, si c'était lui qui l'avait amené là. Il s'en serait bien passé, de cet ennui là ! Et enfin -Anton songea à lui faire remarquer que ça n'était pas deux choses mais trois, mais s'abstint-, lui demanda comment il voulait être brûlé.

    Son sourire pétrifiait l'adolescent. Il était déterminé, le bougre ! Voyant qu'il semblait avoir fini son petit discours, Anton prit vivement sa défense, adaptant ses termes à l'époque d'où il prétendait venir.

    - Monsieur, c'est là une terrible méprise que vous faites. Je ne suis ni sorcier, ni suppôt de Satan, ou je ne sais quelle autre horreur de votr... cette époque.

    Malgré tous les efforts qu'il faisait pour que son ton ne soit emprunté qu'à la détresse et la peur, il y subsistait une légère moquerie, un je-ne-sais-quoi condescendant, une certaine ironie face à la situation. Cela l'excitait autant que ça l'effrayait. Après tout, il ne pouvait pas mourir, l'expérience était peut-être à tenter. Non, non ! Il reprit :

    - Je ne me serais guère permis de vous attirer jusqu'ici, sachant que j'aimerais moi-même quitter ce lieu. Vous n'avez peut-être pas encore eu le loisir de sortir de cette salle. Mais au dehors, que vous me croyiez ou non, nous sommes sur un bateau. ( Il se retint d'ajouter "Vous savez ce que c'est ?" jugeant qu'ils n'étaient peut-être pas aussi sous-développés à l'époque ) La Nef, que ça s'appelle. Autour, la mer à perte de vue. Jamais de terre. Et des f... gens, venus de partout et de nulle-part, qui se retrouvent ici comme vous et moi en cet instant.

    L'adolescent était fier de lui, il avait annihilé ces restes de railleries et arrivait à trouver à peu près les bons mots. Mais il n'était pas sûr que sa plaidoirie aurait l'effet escompté.

    - Quitte à passer notre éternité sur ce maudit rafiot, autant ne pas être en mauvais termes, non ? De plus, je vous jure, vous ne pouvez pas me tuer, on ne peut pas mourir ici, j'ai d'jà essayé. Même la Faucheuse veut pas de nous, si ce n'est pas le comble du blasphème ça, quelle hérésie ! Donc, euh, pour finir, je vous jure que me brûler, ou m'infliger quoi que ce soit vous fera perdre votre précieux temps que vous pourriez employer à... à... autre chose.

    Voilà, il ne s'était pas emporté, tout était parfait. Il s'en était sorti avec brio et l'autre ne pourrait qu'approuver. Oui, Anton était sauvé. Sans quitter l'Inquisimachin des yeux, il pivota autour de lui pour s'éloigner du bord de la scène et se rapprocher de la porte, au cas où. Peut-être qu'il se jouait un peu trop de la situation. Il en avait profité pour glisser dans son speech quelques expressions qu'il n'aurait pu caser nulle part ailleurs "Maudit rafiot" comme dans Pirates des Caraïbes, et "suppôt de Satan" qui l'avait toujours fait rire.

    Cédant un peu à la puissance qu'il croyait avoir acquise, il ajouta :

    - Ah, et si vos Dieux avaient été reconnaissants de vos services, ils vous auraient jamais envoyé pourrir ici, au beau milieu de nulle-part. C'moi qui vous le dis. Mais après, faites ce que vous voulez.

    Et là, Anton sut qu'il aurait mieux fait de s'en tenir à sa persuasion, avant de lui lancer une attaque personnelle en plein visa
    ge.
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François Jordan

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MessageSujet: Re: Mais... où je suis? [PV Anton]   Jeu 30 Déc - 17:11

L'inconnu reculait encore, et ce devant la croix en argent que brandissait François. Ce dernier souriait toujours, il avait envie de brûler cet homme, de voir la chaire noircir derrière la fumée ainsi que d'admirer les membres de sa victime hurlante de souffrance partir petit à petit dans le feu, avant d'être transformé en cendre. Bizarrement, le jeune homme ne répondait rien. Est-ce qu'il avait besoin de quelques minutes pour réfléchir? Malheureusement pour lui, l'inquisiteur ne les lui cédera jamais. Déjà, il était sympathique de lui donner le choix entre deux morts très peu différentes. Alors il n'allait pas lui faire une deuxième offre, oh que non! Et puis quoi d'autres encore?

L'inquisiteur commençait à perdre patience. Déjà près d'une demie-minutes qu'il avait questionné le jeune homme et que ce dernier ne répondait rien. Il allait devoir le brûler à sa manière à lui. Oui, au feu, toujours. Mais vu que sa future victime ne semblait pas être énormément d'accords pour ça, il se pouvait fort bien qu'il se débatte. Et étant seul, François ne pouvait pas faire grand chose contre lui, à moins de lui poignarder les deux jambes afin de l'handicaper. Il allait prendre la dague lorsque l'inconnu se mit à lui répondre alors quelque chose qui l'étonna énormément. Il était... sur un bateau? Il fit de grands yeux et chercha dans sa tête si il s'était pas plutôt arrêté à un port. Non... Il s'était fait attaqué dans la forêt! Il y a bien des différences entre une forêt et un port non mais! Le premier c'est pleins d'arbres à perte de vue avec des écureuils, des loups, des ours et des chouettes tandis que le dernier était avec une très grande surface d'eau où on mourrait soit par la noyade, soit mangé par un quelconque animal aquatique. Le jeune homme d'église se trouvait quelque peu désorienté. Comment était-il arrivé-là si ce n'était pas cet inconnu qui l'y avait emmené? Telle était la question. Il préféra écouter la suite de ce qu'avait à dire l'inconnu, baissant sa main qui avait menacé le jeune homme avec une croix en argent.

Cela le choqua. On ne pouvait pas mourir sur ce bateau. Aucunement. Cependant, il fallait bien des preuves. Avait-on déjà tenter de se tuer pour en conclure ceci? Il regarda l'inconnu qui semblait donc être dans le même problème que lui avant de demander:

"On ne peut point ôter la vie d'une quelconque personne dans ce bateau? Pas même celle des hérétiques qui ont salis la Parole de Dieu en les brûlant?"

Il semblait être fortement déçu par ce qui venait tout juste d'être annoncé. En effet, brûler les gens, c'était toute sa vie! Tout les jours, le matin il brûlait une sorcière, l'après-midi aussi, et le soir cela pouvait être un homosexuel ou une sorcière. Cela dépendait de ce qu'il attrapait dans la journée. Mais comment pouvait-il vivre donc sans pouvoir tuer une quelconque personne? Il en était fort attristé par cette malheureusement nouvelle. Mais, cependant, les sorcières et les autres ennemis de l'Eglise pouvaient être très bien morts et ne pouvaient donc point vivre dans ce bateau! Ah moins que ce ne soient eux qui les aient mis dans de mauvais draps, qu'ils les aient enlever afin de faire une expérience sur eux. Mais pourquoi enlever un Homme d'Eglise? Ce n'était pas intéressant non? Ah moins que le Seigneur ait envoyé l'inquisiteur pour sauver ces pauvres âmes perdues? C'est ce que pensa quelques instants François afin de remarquer que tout bêtement, l'inconnu commençait à le contourner pour s'éloigner du plateau afin de rejoindre certainement la sortie.

François avança d'un pas sûr, n'allant pas laisser le jeune homme s'en aller ainsi. Mais il s'arrêta en entendant la dernière phrase de la part de l'inconnu. Non, il ne devait point se mettre en colère. Cependant, il avait envie de hurler, de brûler cet homme. Non, le mettre au bûcher risquerait certainement d'être une mort certes lente, mais pas plus que celle qu'il avait vraiment envie de lui infliger. Pourquoi ne le torturait-il pas un peu, hein? François avait envie de chercher une Vierge de Fer afin de pouvoir torturer cet homme-là. Mais bon, il devait tout de même préciser quelques petites choses.

""Vos Dieux"? Veuillez m'excuser, mais je n'ai qu'un seul Dieu, et c'est notre Père à tous!"

Dans tous ce qu'avait dit l'inconnu, c'est ce qui avait le plus choqué l'inquisiteur. Jésus aussi était considéré comme un dieu dans la religion, cependant, François avait -malgré qu'il avait eût le crâne bourré de mensonges- toujours penser qu'il était le fils de Dieu, un ange. Mais il ne l'a jamais dis. Et pour cause; le bûcher aurait été pour lui.

"Puis-je constater Messire que vous pensez que j'ai plusieurs dieux? Ou bien même, que vous en avez? D'ailleurs, si Dieu m'a envoyé ici afin de me punir, je le comprends. Je le lui pardonnerais et malgré toutes les souffrances que je subirais lors de cette dure épreuve. Je lui obéirais et je pense qu'il est fort probable qu'il m'ait envoyé ici pour punir tous ceux et toutes celles qui auront salis la religion."

Il accéléra et se plaça en toute vitesse devant l'inconnu afin qu'il ne puisse accéder à la porte, et donc rester ici jusqu'à la fin de la conversation. François prit un regard mauvais avant d'afficher un autre sourire sadique, qui faisait largement plus peur que le tout premier.

"Et fort malheureusement, en ayant dis cette erreur, je ne peux dire autre chose que celle que vous l'avez sali en pensant qu'il y a plusieurs Seigneurs. Et je me dois donc de vous exécuter, que le veuillez ou non. Bien qu'il serait extrêmement étonnant que vous le vouliez..."
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Anton Halvor

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MessageSujet: Re: Mais... où je suis? [PV Anton]   Jeu 30 Déc - 18:16

    Erreur, erreur. Il venait de commettre une grossière, très grossière erreur. Si bien en se déplaçant qu'en attaquant. Il avait appris l'argumentation, il avait appris à se défendre par les mots. Et les atteintes à Dieu ne faisaient pas partie de ses leçons. Alors cet hérétique allait le brûler sur l'instant, sur l'heure. Peut-être qu'il n'aurait plus de cheveux, qu'il en serait marqué à vie ! Si la Nef empêche ses habitants de périr, en fait-elle de même pour leurs cheveux ? Et si il se retrouvait le crâne à nu ? Et, aussitôt qu'il s'imaginait la tête rasée, de vieilles images reparaissaient devant ses yeux. Toutes ces horreurs contre lesquelles il ne pouvait rien mais qu'on continuait de lui reprocher, à lui et tous les Allemands. Qu'en penserait-il, ce partisan du bien commun ? Hein ? Toutes ces pauvres âmes qui ont péri dans d'atroces souffrances, il en dirait quoi ? Ah, mais rien. Parce qu'ils étaient sans doute malfaisant. On n'orchestre pas de drame à grande échelle si ce n'est pas une secte. Non, l'inquisichose n'en dirait rien, il aurait fait pareil. Les homosexuels, les tziganes, les fous, les juifs, les femmes, les gosses. Tout et tout le monde. En cet instant, l'adolescent ne pouvait que détester son pays. Mais après tout, il n'y était pour rien, lui. Et pourtant les dirigeants continuaient de leur inculquer une certaine haine pour leur patrie, ainsi que tous les gens le faisaient.

    Faisant oublier ses instants de patriotisme au jeune homme, l'allumé (il se félicita intérieurement pour la nullité de son jeu de mots) avait bougé, et s'était arrêté devant son manque de retenue. Anton se demanda pourquoi, en voyant qu'il avait baissé son crucifix, il n'avait pas jugé utile de s'en tenir aux commodités et de rester face à lui. Vraiment, t'assures pas là. Il perdait du terrain, inlassablement. Il était la proie, l'inquisimachin le chasseur, et il allait se faire abattre de sang-froid. Anton ne voulait pas souffrir. C'était assez paradoxal, aux vues des nombreuses blessures qu'il se plaisait à s'infliger tout seul. Mais c'était lui, c'était différent. Non, ça ne l'était pas réellement, mais quelle importance ?

    Ravi de voir qu'il l'avait presque convaincu, il s'était laissé croire qu'il le laisserait partir. Et le voilà de nouveau piégé, pris à son propre jeu. Par peur de lui donner envie d'essayer, Anton n'avait pas confirmé l'hypothèse que personne ne pouvait mourir. Et si il se disait : Je vais me faire un plaisir de le vérifier sur ce vilain. Non, non. Il laissait couler. Non, ils ne coulaient même pas. Abruti de Capitaine, qui n'incluait pas, sur la route du bateau, quelques iceberg ou massif rocheux.

    " Vos Dieux ? "

    Infamie ! Abomination ! Il avait commis l'affront suprême. Vos Dieux ! Bien sûr, lui, vivant au XXI° siècle, il était éduqué au polythéisme. Mais à l'époque, ils ne juraient que par un seul Dieu, par une seule religion, et ceux qui en avaient d'autres finissaient brûlés. Plus les secondes passaient, plus Anton s'empêtrait dans le sacrilège. De plus, il avait confirmé à cet assassin que "Ses Dieux" n'étaient pas les siens. Donc qu'il en avait d'autres, ou pis ! Qu'il n'en avait pas !

    Pourquoi ne s'enfuyait-il pas ? Il le pouvait encore, pour le moment. Oui, il le pouvait. Mais ses jambes refusaient de bouger. De toute manière, à quoi bon ? La Nef étant relativement étroite, il ne pourrait pas le fuir indéfiniment, et il finirait toujours par se faire immoler. Alors, tant qu'il lui restait encore quelques armes pour se défendre, il allait tenter de s'en servir. Après tout, une fois qu'il aurait fui, quelles justifications pourrait-il invoquer ? Aucune, il serait trop tard.

    Oh non, oh non. Il ne pensait rien de tel, bien sûr ! Il n'avait qu'un seul Dieu. Et ce Dieu ne semblait guère lui avoir appris les erreurs d'expression. Mais il se garda de cette réflexion, attendant que l'homme ait fini de parler pour se défendre. Devait-il avoir un discours rempli d'idéaux révolutionnaires, ou plaider l'erreur à tout prix ? Son caractère rebelle l'encourageait à proclamer la liberté d'expression. Seulement, il n'était guère en terrain connu, et il ne savait pas à quelle âme il avait affaire. Alors il se contenterait sans doute de plaider, en espérant ne pas s'emporter.


    Cette fois, la sortie était coupée. Le jeune homme ne pouvait plus fuir. Devant la soudaine proximité de leurs corps, il recula de quelques pas. S'assurer un temps de repli. C'était une stratégie militaire qu'il tentait d'élaborer. Mais tout tournait tellement vite dans sa tête. Son souffle s'était accéléré et le sang pulsait plus fort dans ses veines. La panique. L'autre continuait ses menaces, avec le faciès encore plus terrible qu'en les instants précédents. Si Anton avait été autre chose qu'un lâche, il aurait sans doute dit qu'avec une telle attitude, c'était lui qu'on allait prendre pour le Diable. Mais il n'était pas fou à ce point là.

    Tentant de calmer sa respiration, il essaya de se défendre :

    - Monsieur, monsieur ! Ne croyez guère que je voulais vous offenser. Dieu est, bien évidemment, notre Père à tous. Ce n'est là qu'un terrible malentendu. Voyez-vous, je suis resté si longtemps ici... Non que j'ai perdu la foi, soyez rassuré. Simplement que, dans ce monde éloigné du temps, il y a de bien étranges phénomènes. Voyez-vous, certains prétendent vouer un culte à plusieurs Dieux, et ont tenté de me corrompre. J'ai, bien évidemment, résisté de toutes mes forces. Rien ne m'aurait fait plus mal que de me voir ainsi déshonoré.

    Cherchant vaguement ses mots, l'adolescent sortit son paquet de cigarettes et un briquet de sa poche puis, dans la confusion la plus totale, tenta de ranger le tout en vitesse. Il allait encore le prendre pour un sorcier, si il faisait naitre le feu de cet objet et qu'il allumait un rouleau bizarre en papier.

    Le briquet tomba à ses pieds. Il se précipita pour le ramasser et repris, dans un sourire gêné, secoué d'un ricanement nerveux :

    - Et voyez-vous, loin de moi l'idée de vous offenser mais j'ai préféré assurer ma sécurité en mettant un pluriel à Dieu. Je ne savais pas que vous étiez, comme moi-même, un fervent adorateur de notre Créateur. Je m'excuse pour cette terrible méprise, je n'insinuais rien, vraiment.

    Pour se donner consistance, il voulut se signer. Si l'inquisichose avait su, à quel point il se moquait de lui, il l'aurait découpé en fines lamelles. L'adolescent retint son geste en constatant qu'il ne savait pas quelle épaule d'abord. Voulant par ailleurs éviter toute erreur, il se contenta de ranger le briquet dans la poche de son pantalon.

    Voulant s'assurer encore un peu plus de sûreté, Anton fit de nouveau quelques pas en arrière.

    - Cessons-là les hostilités, voulez-vous ? De plus, je vous l'ai déjà affirmé, rien ne saurait m'enlever la vie. Même la plus vile existence ne peut avoir son terme, ici. Je me nomme Halvor, Anton de mon prénom. Et vous, à quelle nomination répondez-vous ?

    Et il accompagnait ses mots d'une révérence maladroite.
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François Jordan

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MessageSujet: Re: Mais... où je suis? [PV Anton]   Ven 31 Déc - 1:46

L'inquisiteur restait sérieux. Il fixait bien l'inconnu, s'attendant à un sort quelconque. Une transformation en salamandre ou bien d'attaque. Le jeune homme restait là, menaçant de sa croix celui qui avait osé mettre au pluriel le nom du Seigneur, mais il se demandait si l'homme en face de lui était soit un lâche ou soit le crucifix faisait effet sur lui. En effet, François sentait de la peur chez lui. A moins qu'il ne soit fou. Après tout, cela ne devait-il pas être à l'inquisiteur d'avoir peur de se faire attaquer par le sorcier? C'était là une très bonne question, mais il refusait tout de même de laisser tranquille le jeune homme en face de lui. Ah bah ça non!

L'inconnu s'expliqua, disant qu'il y avait d'étranges phénomènes qui se passaient sur ce bateau, et que certains passagers vouaient un culte à plusieurs dieux. On n'aurait jamais pu dire quelque chose de plus choquant pour un homme d'église. En effet, François recula d'un pas. De surprise ou bien de bouleversement? On n'en sait rien, mais cela pouvait être très bien les deux en même temps. Il regarda, choqué cet homme habillé d'une drôle de façon, écoutant ainsi ce qu'il avait à dire. Bien qu'il semblait calme, il était à l'intérieur de lui-même en colère. Oui, il avait la rage contre ceux qui pensaient comme les grecs qu'il y avait plusieurs dieux. Il avait envie de trouver ces personnes-là, et je ne vous dis pas le reste, vous avez certainement deviné la sentence qu'il voulait leur infliger. Normal pour un inquisiteur de vouloir tout brûler.

François fixa au bout d'un moment ce qu'avait sorti l'inconnu. Deux drôles de choses. Avait-il en effet prévu de l'attaquer? De le rétrécir et de l'enfermer dans une sorte de boîte? Etant très prudent, il recula de trois pas et brandit de plus belle l'objet sacré en argent, prêt à se défendre contre ce sorcier. Mais ce dernier y remit dans sa poche avant de faire tomber un des objets. Qu'était-ce? L'inquisiteur n'en savait rien -mais si il le savait ça lui ferait peut-être d'un côté plaisir, il faut l'avouer- mais il le regardait fixement, se préparant au pire. L'inconnu récupéra l'objet en vitesse, l'air quelque peu gêné, avant de continuer à se défendre. L'inquisiteur baissa alors sa croix avant de faire une petite moue. Oui, comment réagir face à ce que venait tout juste de lui dire l'inconnu? Il semblait être vraiment désolé du fait qu'il avait dû mettre un pluriel à Dieu, mais d'un côté... si il en était un fervent serviteur, est-ce qu'il n'aurait point pu s'empêcher de faire cette erreur? Après tout, quand on aime une personne, n'est-on pas capable de supporter toutes les oppressions et les tortures? Pour l'inquisiteur, c'était le cas. Il fallait pour Dieu rester fidèle et résister à toute les épreuves, aussi dures soient-elles. Après que l'autre homme se soit présenté sous un nom qui ne disait vraiment rien à François -normal, tous ce qu'il connaissait ce n'était que des noms français- avant de faire de même une légère révérence.

"François Jordan, Inquisiteur au service de Dieu."

Pyromane misogyne et homophobe comme tout les autres de ton espèce, tu as oublié?

"A ce que j'ai pu comprendre, vous n'êtes point un sorcier, mais une pauvre âme égarée qui est oppressée par des hérétiques qui croient à plusieurs dieux? Veuillez me pardonner. Je n'aurai jamais dû vous agresser de sitôt sans savoir ce que vous étiez. Mais votre accoutrement n'est aussi pas forte commune, et c'est bien la première fois que je vois un homme vêtu de la sorte...."

Puis, il sourit, ayant une petite idée. Une mauvaise petite idée...

"On vous a compromis? On vous a forcé de dire Dieu au pluriel? Avez-vous envie que nous retrouvons ces infâmes suppôts de Satan afin que nous les mettons au bûcher? Et sachant que aucune personne ne peut mourir, ils souffriront jusqu'à la fin de l'éternité... Si il y a une fin... Et puis..."

Il montra du doigt l'étrange objet que Anton tenait en main, le fixant d'un air étonné.

"Puis-je savoir ce qu'est cela?"
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Anton Halvor

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MessageSujet: Re: Mais... où je suis? [PV Anton]   Sam 1 Jan - 14:15

Nicotine, nicotine, nicotine.


    Anton voulait de la nicotine. Il voulait sentir la cigarette entre ses lèvres, son goût infect sur sa langue, c'était tellement bon. Ca faisait tellement de bien. Oh oui, c'était bon, c'était bon. Comme si, sur son passage, la fumée emportait toute l'angoisse qui s'était nouée dans sa gorge. Il adorait faire des ronds avec la fumée. Il adorait fumer. C'était bête, mais il aimait ça. Il avait commencé très, sûrement trop, tôt. Il faisait partie de ces gamins pitoyables qui fument dès leur plus jeune âge. Peut-être pas pour se donner "du style" comme eux. Mais pour calmer ses angoisses. Ca marchait férocement bien, au début. Puis l'effet s'était estompé, pour ne laisser qu'un léger mieux. Et qu'il sentait le paquet là, juste là, sous ses doigts, dans sa poche. Si proche et si loin, tangible et inaccessible. Jamais, jamais il ne pourrait attendre que ce malade mental lui fiche la paix, il en voulait une maintenant. Là, dans l'instant. Brûlé ou pas, il voulait fumer. Eh, après tout, c'était aussi son instrument, qu'il avait dans la main.

    Il ricana, très intérieurement certes, à l'idée de ce que les Moyenâgeux auraient fait comme massacres s'ils avaient pu mettre le feu aussi aisément que d'une pression de doigt. Brûler les gens hermétiques au système, répugnés par la religion, homosexuels, pour la moindre petite faute, petite entrave à la justice. Depuis combien de temps se promènerait-il en tant que cendres d'une contrée à l'autre, au gré du vent. Depuis son plus jeune âge. Brûlaient-ils les enfants aussi ? Sans doute, sans doute. Leur chair devait se rétracter doucement, se noircir tendrement sous les flammes. Même plus la force de supplier, à peine assez de vigueur pour hurler, leur petit corps déformé par la douleur, le visage en sueur, en pleurs. Les petites mains qui se débattent dans le vide. Ils brûlaient vraiment les enfants ? Rien que d'imaginer le feu ronger un petit être, forcément innocent, il se sentait prêt à hurler de rage. Comment osaient-ils se repaître de ce spectacle ignoble ?

    Pétrifié devant la cruauté de son adversaire, le jeune homme sentait tous ses muscles tendus, prêts à bondir, à fuir. Malgré tout, il nourrissait déjà, à son égard, une haine sourde, violente. La haine de milliers d'âmes, de milliers de gens, innocents ou non, qui hurlaient dans sa tête. Fâcheuse habitude, que de se complaire dans l'imagination de telles scènes d'horreur. A chaque occasion qui se présentait, l'esprit du jeune homme prenait un malin plaisir à le contrarier, à lui imposer des images, beaucoup trop réelles pour être ignorées. Et dans sa tête, la folie abattait ses cartes, jouait ses pions, passait son film. Et ça hurlait, et qu'ils hurlaient, les pauvres créatures, pâtée des Enfers, pitance des Inquisichoses.

    Le meurtrier se présenta. Une phrase piqua la colère d'Anton. "Au service de Dieu" Mais quel Dieu, parbleu ? Comme des milliers d'aiguilles, chaque phrase abîmait un peu plus la masse molle et malléable qu'était, en cet instant, sa cervelle. Mais de quel droit jugeait-il ? Peut-être avaient-ils raison, ces inquisiteurs. Ah, inquisiteurs. Voilà la dénomination de ces êtres avides de la Mort. Il n'allait pas être déçu, le bougre. Ici, ils étaient rejetés des Dieux - de Dieu, voyons ! - et de la Mort. Aimait-il autre chose ?

    Enfin, des excuses. L'adolescent poussa un léger soupir de soulagement. Comme si, cette menace -même temporairement- écartée, il pouvait de nouveau respirer normalement. Mais il n'allait pas le laisser comme ça ? Il allait bien tenter de lui faire regretter ses victimes, non ? Non. Pas vraiment. Trop peu courageux. Mais était-il capable, de garder noyée, cette haine vivace qui lui brûlait la gorge. Par soulagement, il s'apprêtait à ressortir son paquet. Non, non, attends, attends un peu. Je t'en supplie. Anton, ne sois pas stupide.

    Trop tard, il avait le briquet dans la main. Son doigt s'arrêta sur la roulette. Il l'avait échappée belle. Se concentrant sur le discours de François, Anton crut défaillir. Ainsi, il lui proposait quoi ? De participer à ce barbecue géant ? De faire brûler les gens d'ici ? Anton ferma les yeux. Dans quel pétrin les avait-il tous mis ? Non, ils auraient assez de jugeote pour ne pas se laisser prendre feu. Mais si il les prenait par surprise, pendant leur sommeil ? Non, non, ca allait aller. Ils allaient calmer les ardeurs de ce grand dingue. Après tout, personne n'était ici par hasard. Ce n'étaient sans doute pas des lâches, pas comme lui.

    Anton ouvrit la bouche pour répondre, quand l'inquisiteur désigna son briquet, lui demandant ce que ça pouvait être. Il crut défaillir. Comment lui expliquer ? Qu'à
    son époque , c'était l'objet le plus banal du monde, que ça coutait un euro dans n'importe quel bureau de tabac. Voilà, là se dressaient plusieurs problèmes. Le briquet en lui-même en était un assez conséquent. Ensuite, l'Euro ? Le quoi ? L'euro. L'Union Européenne, tout ça. Oh non, non. Bureau de tabac ? Quelle demeure à sorciers encore ? Les pauvres, le feu était leur bouclier, ils étaient tellement effrayés par tout et tout le monde.

    Anton avait monté l'objet devant leurs yeux, avait ouvert son poing et regardait le briquet. Il avait raison, qu'était cette petite chose ? Il s'était toujours demandé comment ça fonctionnait. Devait-il tout de suite agresser l'esprit étriqué de l'inquisiteur avec les gens venus de toutes les époques et de tous les pays ? Il n'en était pas certain. Mais après tout, comment d'autre ? Assez impulsif, il n'aimait pas contenir ses mots, il n'aimait pas réfléchir à chaque phrase. Mais il savait que s'il laissait tout passer, il finirait brûlé ici. Quelle scène finale ! Grandiose ! Comme les plus beaux concerts ! Ah oui. Mais la représentation serait éternelle. Et Anton avait l'odeur dans le nez, avait l'image dans la tête. Répondre, répondre. Avant qu'il perde patience.

    - Ceci s'appelle, me semble-t-il, un briquet. Fabuleuse invention. Quel dommage que de bons et loyaux citoyens -il n'était pas certain du mot citoyen, au fond- n'en n'aient point eu connaissance. Voilà un concentré d'intelligence. Ceci, mon ami, -allait-il trop loin ?- permet de faire naître le feu. Merveilleuse création du XXI°... fils de Monsieur mon grand-père.

    Oh non, non, non, non, non ! Ignoble, monstrueux ! Comment allait-il s'en sortir, s'il continuait ainsi ? Il allait devoir l'éviter jusqu'à la fin de ses jours ! Le jeune homme avait la bouche ouverte, prêt à s'insulter ouvertement, mais il se contenta, avec horreur, de faire une démonstration. Quitte à mentir, autant bien le faire. Voilà qu'il se prétendait inventeur du briquet ! Quoi d'autre ? Avait-il inventé l'électricité aussi, non ? Quelle mascarade était-il en train d'établir ?

    - Ne me demandez guère comment cela fonctionne. Je vous avoue n'avoir jamais compris la technologie pointilleuse de cette petite merveille. Pour en revenir à mes oripeaux, je me doute qu'ils doivent vous troubler. Dans mon pays, car ici nous venons de partout dans le monde, ce sont monnaie courante. Et votre proposition d'aller assassiner tous ces manants me parait fort alléchante. Seulement, je ne voudrais pas vous voler la ved... victoire. Par conséquent, je pense que je m'en vais tenter de les rassembler dans une étroite pièce, pour vous faciliter la tâche. Si ils me voient revenir seul, ils n'auront guère de méfiance, voyez-vous ?

    Acteur, il aurait dû être acteur. Il s'étonnait lui-même, à mesure qu'il s'enfonçait de plus en plus profond dans les problèmes. Ils allaient devoir le cloîtrer quelque part pour qu'il ne blesse personne.

    L'adolescent caressait des doigts le filtre d'une cigarette, se demandant combien de temps le supplice allait encore durer. Il s'éloigna un peu, récupérant son air. Comment allait-il faire, maintenant qu'il lui avait prouvé que ce qu'il avait dans les mains était une arme fantastique ? Enfin, Anton n'avait jamais entendu d'assassinat par briquet. M'enfin, il y avait un début à tout. Quoi que, même si quelqu'un ici parvenait à mourir, il n'était pas certain que les journaux ébruiteraient l'affaire.

    Comment allait-il s'en sortir ?
    Il regardait dans le vide, les mains au visage, la roulette du briquet lui raffraichissant la peau. En fait, il contemplait en silence l'horreur dans laquelle il venait de s'empêtrer. Et plus il la contemplait, plus il la trouvait immense.
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