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 Déjeuner entre silencieux ? [Intrigue n°1][Haru & Hui Ying & Le Fou]

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Nephtys

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MessageSujet: Déjeuner entre silencieux ? [Intrigue n°1][Haru & Hui Ying & Le Fou]   Lun 15 Nov - 1:46

    Nephtys ouvrit les yeux. Bailla, s'étira de tout son long, et étendit la main vers la table de nuit pour y chercher son casque. Elle rencontra sur son chemin le pot de pâte à tartiner qu'elle avait subtilisé à Kurogane, mais elle finit par trouver ses "yeux". Elle décida ensuite de faire un peu de rangement ; quelques armes jonchaient le parquet, ce n'était pas très accueillant. Et puis, d'un coup, alors qu'elle rangeait une belle dague ouvragée (Nephtys aimait beaucoup les anciennes armes dont on ne se servait plus depuis belle lurette, à son époque), elle remarqua un objet qui ne lui appartenait pas. Elle était certaine de l'avoir déjà vu, mais pas dans ses mains. Et puis, elle avisa un morceau de feuille volante posé près de l'objet. Elle le lut avec attention, puis soupira. Qu'est-ce qui allait lui manquer ? Elle se massa le front (elle ne pouvait pas se masser les temps à cause du casque, il fallait bien se débrouiller comme on le pouvait !), se gratta la nuque. Et puis compris l'objet qu'on lui avait subtilisé. Elle soupira deux fois plus fort. Elle fit vaguement mine de chercher, mais savait bien que c'était ce truc qui avait disparu. Le Capitaine n'aurait pas prit la peine de prendre quelque chose de plus gros, n'est-ce pas.

    Elle décida de ranger son "nouvel" objet dans son armoire, soigneusement. Bien qu'elle pensât savoir à qui cet objet appartenait, il n'en restait pas moins le fait de la compétition, et que le rendre à ce stade du jeu ne serait pas vraiment amusant. Après avoir fermé la porte de sa cabine à clef (et mit la clef entre ses deux seins, au moins elle s'en rendrait compte si on essayait de la lui voler), elle se mit en route. Pour on ne sait où.
    Elle se traîna piteusement dans toute la Nef, et dut se rendre à l'évidence : le Capitaine s'était bien foutu de leur gueule. A priori, il avait subtilisé tous les objets les plus chers des passagers, et les avait interchangés. C'était d'une stupidité affligeante. Il devait vraiment s'ennuyer le pauvre capitaine. Qu'allait-elle faire à présent ? Tous les recoins grouillaient de passagers affolés qui ne parvenaient pas à retrouver ce qui leur était cher ; et cela les alarmait grandement. Nephtys eut un nouveau bâillement, puis ressentit une légère faim. Elle se rendit dans la salle à manger, où parfois, souvent même, était dressé un buffet de denrées froides. Les plats chauds devaient attendre les repas, dont les horaires étaient choisis par le Cuisinier. Autant dire qu'ils n'étaient pas très ponctuels, ces repas. Surtout avec la façon de penser du Cuisinier. Ce devait être un espace non-euclidien dans sa tête.

    Nephtys prit un morceau de pain et un petit morceau de viande froide, pour se faire une sorte de sandwiche. Puis elle alla s'assoir à une des nombreuses tables qui composaient la Salle à manger. Ce qu'elle était grande, d'ailleurs, cette Salle ! Mais bon, sur la Nef, il fallait considérer comme acquis le fait qu'on n'ai pas des proportions normales, et que l'extérieur du bateau n'avait rien à voir avec l'intérieur.
    Soudain, une silhouette familière lui apparut à une des tables. Non, deux silhouettes plutôt ! C'étaient Haru et Hui Ying, qui semblaient eux aussi avoir prit parti de se sustenter plutôt que d'aller faire immédiatement la chasse à l'objet comme tous les autres habitants de la Nef. Voilà des gens qui avaient un peu de jugeote, que diantre ! De toute manière, ces deux-là n'étaient pas de grands surexcités. Ils avaient beaucoup à apprendre au Fou et à Kurogane (pour ne citer qu'eux. En fait il y avait beaucoup trop d'hystériques à bord de ce bateau).
    Elle alla s'assoir à leur table, espérant qu'elle ne les dérangeait pas dans une conversation privée.


    "Bonjour monsieur, mademoiselle. Vous aussi, on vous a échangé un de vos biens ? Je dois avouer avoir été plutôt surprise en découvrant quelque chose qui n'était pas à moi au beau milieu de la pièce. Mais bon."

    Quelle entrée en matière, Nephtys, tu fais des progrès ! Avant, ç'aurait été tout au plus un signe de tête. Et tu ne te serais même pas attablée avec eux. Ahlala, c'est qu'elle grandit cette petite cobaye. Ben ouais, on en avait pour une éternité, alors autant remplir ce qui n'avait pas été fait durant la vie d'avant, hein...

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Ryû Haru
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MessageSujet: Re: Déjeuner entre silencieux ? [Intrigue n°1][Haru & Hui Ying & Le Fou]   Sam 20 Nov - 17:00

    La Nef … J'étais convaincu de l'un de ses buts. Avec le temps qui passait sur ce vaisseau, si je puis dire ainsi, je m'efforçais de trouver la réponse de mon arrivée ici. D'ailleurs, depuis combien de temps étais-je arrivé ? Je ne m'en souvenais même plus, et ma quête de renaissance n'avançait guère. Je comprenais alors que les changements ne viendraient pas de moi, mais que les changements viendraient à moi. Et seul le Capitaine pouvait nous donner des événements inattendus dans notre errance, quand je traduisais le mot qu'il m'avait laissé cette journée là.

    Cette « journée » commençait bien pourtant. Kurogane ne me harcelait pas, Hui avait cessé de me proposer les plats froids de son maître, et personne d'autre ne venait me déranger à mes sobres occupations : méditation, entraînement, et sommeil. Après une sieste qui me rappelait un temps soit peu le plaisir du repos, je me levais pour me rendre dans une pièce où j'avais repéré bon nombre de vinyles pour ma platine. Puis, j'y renonçais pour me tourner vers cet objet que j'appréciais tant. J'ouvris l'antre de sa demeure, et quand je fis glisser ma main, je fus pris de stupeur. Il avait disparu en ne laissant derrière lui qu'un mystérieux mot écrit en braille provenant du Capitaine lui-même.

      Cher Échoué de la Nef,
      Vous avez à présent en votre possession l'objet fétiche d'un autre Échoué. Comme vous l'avez certainement deviné, votre objet est dans les mains d'un troisième Échoué. Vous participez à présent à une Chasse au Trésor : le premier d'entre vous qui aura retrouvé son objet aura gagné le jeu et pourra formuler un vœu qui sera réalisé.
      Il vous est cependant interdit de dire quel objet est en votre possession. Dire lequel vous cherchez est permis, bien que ce soit dangereux : celui qui a votre objet s'assurera de ne pas vous le laisser savoir afin qu'il ait plus de chances de gagner et vous moins.
      La liste des vœux formulés sera affichée sur le Mât, afin que tous les connaissent réciproquement.
      Bien à vous,
      Le Capitaine.


    Un autre objet ? Je n'avais pourtant rien remarqué de nouveau, en tâtant de ma main, je découvris bel et bien cet objet que l'on m'avait délivré. Les choses devenaient intéressantes, la Nef actionnait enfin ses fonctions envers ses passagers, et nous avions la quasi-confirmation que le Capitaine existait réellement. Je me posais des questions sur lui, allant même à me dire qu'il s'agissait peut-être d'un échoué. Mais sans preuve, je ne pouvais pas avancer d'autres arguments. Et j'avais d'autres hypothèses à son sujet, mais bon … J'allais y revenir plus tard.

    En cet instant, il me fallait trouver un vœu, mais lequel ? Et aussi trouver la réponse à deux questions : A qui appartenait cet objet ? A quelle personne, mon précieux objet, avait-il été cédé ? Je réfléchis un instant, et décidais de transposer l'objet que je détenais dans le tiroir de mon bureau. Il fallait que je parte pour enquêter et analyser la situation des autres échoués.

    Je fermais à clé la porte de ma cabine en priant que personne ne puisse déverrouiller la serrure. Certaines personnes devaient en être capable, comme un yakuza par exemple. Et qui d'autres encore ? Bref, je me sortais toutes ses idées de la tête, et me dirigeais vers la salle à manger. Ce lieu regroupait toujours une ou deux personnes, je commençais donc par là. Ma canne en bois à la main, je ne trouvais personne, exceptée une demoiselle que je connaissais : Hui Ying. Pas étonnant que je l'ai croisé dans la salle à manger en même temps, bien que je m'attendais plus à la voir dans une cuisine.

    - « Bonjour, Hui Ying. Comment allez-vous ? »

    Je n'étais pas sûr si tout le monde avait perdu l'un de ses biens et si nous étions tous en chasse, mais peu importait pour moi, je voulais rester poli. Hui Ying n'eût pas le temps de répondre qu'une invitée surprise arriva elle aussi dans la salle à manger. Et cette personne était peut-être la personne la plus mystérieuse que je n'avais jamais rencontré : Nephtys. D'ailleurs, pouvais-je la qualifier de personne au sens humain du terme ? J'avais déjà entendu ses bruits de pas et piéger ses mouvements, mais cette femme me glaçait parfois le dos car il n'émanait aucune odeur de son corps et aucune touche d'émotion ne colorait sa voix. Pour un aveugle, un être vivant sans odeur était tout bonnement impossible, un être venu d'ailleurs. Et là encore, Nephtys allait me surprendre.

    - « Bonjour. Vous aussi, on vous a échangé un de vos biens ? Je dois avouer avoir été plutôt surprise en découvrant quelque chose qui n'était pas à moi au beau milieu de la pièce. Mais bon. »


    Un ton, une forme d'expression émotive avait surgit pour la première fois de sa voix. J'en étais surpris, mais j'en étais rassuré à la fois. Nous nous étions croisés de temps à autre. Sa venue était l'occasion pour moi de mieux la connaître. En face de ses deux personnes, je sentais déjà que les prochaines heures allaient être intéressantes, très intéressantes. Mais où avais-je la tête ? Nephtys m'avait posé une question, je me sortais de mes pensées et repris conscience de la réalité.

    - « Oui, moi aussi je viens de recevoir un nouvel objet. Je vous en prie, joignez-vous à nous Mademoiselle Nephtys. »

    Dis-je en poussant une chaise pour marquer mon attention envers elle.
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Hui Ying

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MessageSujet: Re: Déjeuner entre silencieux ? [Intrigue n°1][Haru & Hui Ying & Le Fou]   Ven 26 Nov - 17:01

Hui Ying lisait tranquillement, blottie dans sa couverture. Toutes ses affaires satellisées ça et là dans ce bourbier nommé « chambre » l’entouraient agréablement, la rassurant contre les aléas de la Nef. Dans cette si rare quiétude, elle tournait les pages l’une après l’autre, tout doucement, pour ne pas rompre le fragile équilibre. Retenant presque son souffle pour mieux se concentrer sur sa lecture, ses yeux allaient et venaient de lignes en lignes.

Mais vous vous en doutez, un tel moment de béatitude ne pouvait pas durer éternellement, même dans le meilleur des mondes. Tel le lapin de Garennes, elle entendit le renard arriver de loin, à pas de loup… Tendant encore plus l’oreille pour discerner l’identité de son potentiel agresseur, elle s’écarta de son occupation et commença à sentir la sueur perler dans son dos. Qui était-ce ? Que faire ? Ai-je bien fermé la porte ? Tétanisée, elle fixait la porte de sa tanière d’un air désespéré. Son cœur battait fort ; l’inconnu s’était arrêté devant sa porte. Elle voyait déjà le bout de la fatale chaussure apparaître au coin… La vérité fut toute autre ; à la place, une feuille de papier fut glissée sous sa barrière protectrice ou tout du moins son semblant de bouclier. Les pas résonnèrent de nouveau, mais en sens inverse, s’atténuant peu à peu dans le lointain. Quand toute danger sembla écarté, elle rampa jusqu’à la porte, toujours enroulée dans sa couverture, comme un soldat en mission de reconnaissance.

Elle s’agrippa à la feuille après avoir bien vérifié qu’elle ne soit piégée. A cet instant précis, il n’aurait pas été nécessaire de pouvoir communiquer avec les morts, ou tout autre chose d’ailleurs, pour voir le mince filet de son âme s’échapper par sa bouche. Plus blême que sa couverture blanche, on aurait pu éteindre la lumière et tirer les rideaux qu’elle aurait été fluorescente dans le noir.

Elle referma sa bouche, rampa jusqu’à son baggy qui siégeait dans un coin, et fouilla nerveusement les poches extérieures, puis intérieures. Rien, absolument rien si ce n’est quelques miettes de pain, un vieux papier et un étrange objet qu’elle ne connaissait pas. Le message lui revint en mémoire. Mais quand le capitaine était-il entré dans sa chambre ? Elle ne dormait que très peu et se terrait les trois quart du temps dans la pénombre de ses ouvrages…

Elle scruta le fameux objet. Ainsi, il appartenait à quelqu’un d’autre… Mais, cela voulait aussi dire que quelqu’un d’autre détenait son précieux… Prenant un air étonnamment méchant, elle murmura « my precious, my precious, where is my precious ? Stupid Smeagol.» plusieurs fois, puis ses traits revinrent à leur état normal aussi soudainement qu’ils s’étaient mus.

Elle se leva en sursaut et enfila son pantalon. Il lui fallait à tout prix retrouver son bien. Attends-moi sagement, maman ne sera pas longue. Tenant toujours l’inattendu objet à la main, elle se demanda ce qu’elle pourrait bien en faire. En désespoir de cause, elle l’enfourna dans une de ses poches intérieures de pantalon, là où personne ne songerait à plonger ses mains. Tout en serrant sa ceinture, une considération la bloqua brusquement… Mais, de quel droit puis-je ainsi m’emparer de cet objet ? Son propriétaire doit à coup sûr être mort de peur. J’ai osé souiller le tombeau de Toutankhamon !! Oh, Hui Ying. Ca va bien, hein. Ca commence réellement à bien faire. Dis-toi que tu vas faire un échange équitable avec ce fameux propriétaire. Ah, tu crois. Maiiis oui, alors arrête de geindre un peu. Ne t’a-t-on pas dit que ton précieux était dans les mains de quelqu’un d’autre ? C’est donc tout naturel que tu agisses à ta guise avec celui-ci. Tu as peut-être raison… Mais bien sûr que j’ai raison. Allez, agis pour changer.

Ayant repris du poil de la bête, Hui Ying serra pour de bon son pantalon, s’arma de son courage et sortit dans le couloir. Froncement des sourcils et plissement des yeux. Personne sergent. Rogers. Vous pouvez avancer les gars. Sur la pointe des pieds, elle se plaqua contre le mur. Par où fallait-il commencer ? Ca, ce n’était qu’un détail pour ce fantassin en herbe. Elle avançait donc sans trop savoir ni vers où ni comment. Tiens, au fait, qu’est-ce que je vais bien pouvoir demander comme souhait ?... Je ne vois qu’une chose : une porte blindée. Oui, très bonne idée Hui Ying. Comme ça, tu pourras vivre en paix « forever »…

Elle continua son manège jusque devant la salle à manger où un délicat fumet mit ses papilles en émoi. Oubliant les ordres de son sergent, elle déserta son poste et se dirigea droit vers une magnifique, non, une sublime, tarte aux fraises. S’attelant au bord du buffet, elle dévorait des yeux ce met qu’elle avait découvert à son arrivée sur la Nef. Elle en pleurait presque tellement cette tarte était mirifique. Pour un peu et elle aurait embrassé le cuisinier de bon cœur. Elle s’empara sauvagement d’une part, se forma une boule de glace à la vanille pour accompagner le tout, se munit d’une fourchette et s’élança d’un bond sur un territoire inoccupé. Ah ah, c’est un petit pas pour moi, mais un grand pas pour mon plaisir… Elle fronça les sourcils. Mais où est-ce que j’ai entendu dire ça ?... Bof, peu importe. Elle s’assit à la table. Parez à tirer… Feu.

Peu après avoir entamé son caprice, monsieur Ryû l’accosta et s’assit en face d’elle. Vous n’aurez rien !

« Bonjour, Hui Ying. Comment allez-vous ? »

Un peu sur la défensive, Hui Ying songea qu’il fallait tout de même faire preuve d’un peu de maturité. Aussi, elle entrouvrti les lèvres pour répondre à monsieur Ryû, mais arriva une jeune femme. Elle releva la tête dans la direction de cette dernière et prit presquepeur. Si intimidante… Monsieur Ryû et elle engagèrent la conversation. Alors c'était elle madame Nephtys... Néanmoins, elle resserra jalousement ses bras autour du dessert. N’essayez même pas de goûter !

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Le Fou
Edward
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MessageSujet: Re: Déjeuner entre silencieux ? [Intrigue n°1][Haru & Hui Ying & Le Fou]   Ven 3 Déc - 20:55

    Y'a beaucoup d'activité ce matin. Beaucoup de gens qui gueulent et qui crient courant sur le ponton à la recherche de je-ne-sais-quoi, et surtout moi, je sais pas, et je m'en fous. Je m'en fous des autres, de leurs cris (tant qu'ils ne sont pas reliés à ce que je peux faire), de leurs états d'âme et de leurs sentiments, même si ceux-ci me sont dédiés tout entier, j'm'en fous moi. On peut m'aimer, on peut m'aduler, ça me concerne pas. Mon esprit est ailleurs – mon corps est un cadeau, offert à tous ceux qui veulent bien l'accepter. Moi, ce que je suis, ce gamin, là, j'ai besoin de rien, je réfléchis à rien, c'est tout. J'ai bien le vague souvenir, lointain et flou, d'un amour. Mais ça ne veut plus rien dire. Moi, c'est rien. Du vide et de la superficialité. Évidemment je vis, je ressens, mais pas comme tout le monde. Je vis et je ressens ce que je veux ressentir, ce que je veux voir, ce que je veux croire. Je ressemble à ces gamins qui gueulent que les fées existent dans le but de se retrouver avec une fée clochette sur le bout du nez. Avec sa petite robe verte qui scintille. Pas que j'étais vivant à cet époque, mais Kuro a fait mon éducation.

    Je tourne et retourne dans mon lit grognant des insultes incompréhensibles à qui peut bien les entendre. Ma tête dorée s'évapore sous les draps transparents, mes courbes parfaites de bambin délicieux se laissent deviner sous les rayons du soleil caressant. Je me dis qu'il me manque quelqu'un à mes côtés parce qu'on est le matin (ou plutôt que j'viens de me réveiller) et que j'aime bien faire certaines choses, le matin. J'vais partir à la recherche de quelqu'un à peloter, et vite.

    Je m'étire encore un peu, poussant des « hum » sonores (à croire que j'm'entraine), tordant mes doigts de pieds, allongeant mon torse maigre, me tête lourde et mes yeux douloureux. C'est le combientième matin ? C'est le matin ? Qui sait.
    Allez. Hop. Sitôt dit, sitôt fait (expression de merde, mais j'aime bien ça), je me retrouve en équilibre – précaire – sur mes deux gambettes aux airs de vierges effarouchées. Longues, fines, galbées, blanches, pures, glabres. Que demander de plus. Je baille à plusieurs reprises, avant d'ouvrir réellement les yeux sur mon quartier. J'observe pendant quelques secondes le désordre ambiant (mais bien tassé dans un coin), la coiffeuse luxueuse, les habits éparpillés, les bouteilles d'alcool, les clopes et autres conneries, les livres prêtés par des personnes plutôt optimistes (j'ai toujours pas réussi à apprendre ce qui venait après le N, moi), et autres accessoires inutiles. Je me dirige vers un pantalon rouge – que je sais plus comment que je l'ai obtenu – et je l'enfile rapidement, luttant pour faire passer mes cuisses pourtant plutôt désespérément amaigries. Je le ferme au niveau de la taille, enfile un t-shirt blanc trop large – sûrement piqué à un grand brun, passe devant le miroir et me met rapidement un coup de gloss sur mes lèvres pulpeuses, je séduis mon reflet pendant quelques secondes jouant de mes charmes, de mon regard délicieux, de mon visage adorable (que je suis beau), et puis finalement, ça prend plus de temps que prévu (parce que je suis trop joli), alors je m'assois, et je me maquille avec un peu plus d'attention, berçant mes cils blonds d'un noir profond, soulignant ainsi mes yeux immenses. Ce n'est qu'une fois mon petit manège fini que je vois le petit mot d'amour griffonné là. Posé gentiment entre les bagues et autres bijoux délicats apparus comme par magie. Hum.

    Je prends le morceau de papier entre mes doigts fins et l'observe de près, je rapproche les lettres de mon nez, de mes yeux, c'est à peine si j'lèche pas le papier, mais non, non, non, je sais toujours pas lire, merde, je fais que reconnaître quelques A – et peut-être un d, par là. Ou un p. Je les ai toujours confondu.
    Ce n'est pas qu'j'sois bête, ça non, d'ailleurs, parfois, je semble avoir des instants de lucidité toujours très impressionnants, et je me souviens de tout – parce qu'en réalité, j'ai une très bonne mémoire. Mais essayez un peu vous, de vivre depuis une éternité dans un endroit où une seconde ne veut rien dire, et on va voir si vous vous rappelez votre nom. Nah.

    Donc bon, bref, voilà, j'abandonne, je sors de la cabine, et je me rends compte que j'ai oublié ses chaussures, et je me dis que tant pis, ça me fera renouer avec mon moi sauvage, et je pars en gambadant, j'évite les gens qui grognent, ceux qui pleurent, ceux qui m'agressent me demandant avec rage où se trouve leurs godemichés. Pff. Marauds, cré n'ou.

    Je me dis que je pourrais bien demander à l'un d'eux de me lire ce petit mot doux mais ça m'ennuie. La curiosité n'a jamais été un de mes défauts – moi je m'en fous, je veux juste être aimé et heureux. Pas besoin de comprendre le monde, pour ça. Con et heureux, je veux être comme ça.
    (Et on va dire que j'y arrive, c'est plus simple, hein.)

    Enfin bref, je marche comme ça, mais plus que d'un câlin, j'ai besoin de manger. Beaucoup, beaucoup, beaucoup. J'ai toujours beaucoup mangé, je crois que c'est parce que j'ai pas beaucoup mangé quand j'étais vraiment petit. Je crois. Peut-être. Bref, j'ai faim, alors finalement, j'abandonne l'idée d'un câlin pour me ruer vers la cuisine, j'y atterri en ouvrant grannnd la porte, pour me retrouver face à ces personnes les plus étrangères qu'ils soient de mon auguste personne (ça c'est le roi qui disait comme ça) : Nephtys, Ryû, et la gamine a l'air crevée dont j'me souviens jamais le nom – qui voudrait se souvenir le nom de cette chose inerte.
    Ça va être mortel.

    Je les regarde pendant quelques secondes, y'a un gros blanc, et puis finalement je fais un petit geste méprisant de ma tête ronde bombée des courbures de l'enfance délicieuse et je me trémousse jusqu'au buffet, gardant un silence douloureux. Je me sers une grande assiette de différents mets à la fois salé et sucré que je mélange sans prêter attention – j'aime tout, de toute façon (sauf ce qui est amer, âcre, acide, trop sucré, trop salé, et ce qui est pas rose).
    Je vais m'assoir autour de la table, à côté de Nephtys (parce qu'elle a un corps de rêve). Les deux en face se parlent un peu, je n'écoute pas – ça ne m'intéresse pas. Ryû pourrait être beau, mais il est trop passif. Kuro est mieux.
    J'attrape une énorme cuisse de poulet bien dorée et juteuse comme je les aime et l'enfourne dans ma bouche, j'arrache sa peau avec délice pour mordre sa chair goûteuse, et puis, pris d'une illumination soudaine, je pousse un « Ah ! » impressionnant (on aurait dit que je m'étais rappelé mon prénom, genre), et je me lève, sors difficilement quelque chose de ma poche, avale l'énorme bout de poulet resté coincé dans ma bouche (il faut pas parler la bouche pleine mais moi j'aime bien), et je le pose sur la table, au milieu, dans un fracas, tout fier de moi. C'est le mot d'amour.

    « Qui qui sait lire ? »
    que je gueule, observant les silencieux autour de moi. Qu'ils sont pas drôles. J'ai intérêt à manger vite.

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Yeah I'm a Fuckable Boy. Or a Sex Toy.
AS.YOU.WISH.

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Nephtys

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MessageSujet: Re: Déjeuner entre silencieux ? [Intrigue n°1][Haru & Hui Ying & Le Fou]   Dim 5 Déc - 15:59

    Le dénommé Ryû Haru avait l'air sympathique. Nephtys sentait qu'on pouvait lui faire confiance. Il était aveugle ; si elle n'avait pas vécu en 2050 et des poussières, elle aurait été dans son cas. Mais non en fait ; se corrigea-t-elle. Si elle n'avait pas vécu vers 2050, elle n'aurait tout simplement pas vécu du tout. Ou alors, dans un futur plus loin encore dans les méandres étranges du temps. Non. On ne changeait pas le temps. On pensait le changer ; à son époque, les scientifiques réalisaient petit à petit que la théorie des futurs parallèles était fausse, car la théorie du voyage dans le temps elle-même avait été contredite. On ne pouvait pas modifier le temps, il existait donc une unique ligne de vie et d'existence pour l'humanité, totalement irréversible.
    Nephtys n'avait jamais su quoi penser de ces théories, et même si elle suivait les débats des scientifiques avec intérêt, elle n'avait pu se faire une opinion finale sur la question. Naïvement, elle aimait croire que quelque part ailleurs, une autre 1.0 avait fait de meilleurs choix qu'elle, et était encore vivante. Elle aimait se complaire dans cette idée.

    Son attention fut capturée par Hui Ying, qui n'avait pas pipé mot, et protégeait de ses bras minces une énorme part de tarte à la fraise. Elle semblait absolument persuadée qu'ils allaient lui voler sa tarte. Nephtys fut un peu ébranlée de cette réaction. Que de regards mauvais pour la protection d'une simple tarte ! Elle regarda à gauche, à droite, puis finalement souffla :


    "Mange ta tarte, Hui Ying, on ne te la prendra pas."

    Pour démontrer ses propos, elle mordit dans son propre sandwiche, afin que la chinoise voie qu'elle avait son propre repas, et que jamais elle ne se permettrait de prendre le sien. De toute manière elle n'avait pas envie de découvrir dans sa chambre une potion obsure que Hui Ying aurait fabriqué en quelques heures, et qui diffuserait une odeur immonde, rien que pour se venger d'avoir lorgné sur cette pauvre part de tarte. Non, c'était vraiment stupide, il fallait s'en convaincre. Aussi, elle n'insista pas, et invita l'alchimiste à commencer de manger ; non pas que sa tarte puisse refroidir, mais elle lorgnait dessus avec délices, et Nephtys eut vaguement peur qu'elle ne fasse une syncope si elle ne commençait pas à manger. Elle lui donna même une des petites cuillers disposées au centre de la table où ils étaient assis, pour lui montrer qu'elle n'avait aucune mauvaise intention. Elle eut l'impression que Haru se gaussait de ce qu'il entendait. Que pouvait-il interpréter des sons actuels ?

    Soudain, la porte s'ouvrit à grands fracas, laissant entrer une petite tornade aux cheveux vaporeux. Kurogane avait un jour confié à Nephtys que le Fou avait de très beaux et très doux cheveux blonds. Elle ne savait pas ce que c'était, que le blond. Mais, en comparant l'éclat blanc et mat de ses propres cheveux, elle en avait conclu que le blond était plus brillant que l'ivoire. Ça ne cassait pas des briques. Le Fou prit place à côté d'elle, sans qu'il y soit réellement invité. Mais bon, il s'invitait partout, en sa qualité de premier occupant de la Nef. Son assiette était remplie de choses et d'autres, plus ou moins reconnaissables tant les aliments étaient amoncelés. La cobaye se demanda un instant si le Fou allait être capable de tout manger. Mais vu la motivation qu'il eut à mordre dans sa cuisse de poulet, elle ne douta pas un instant qu'il y arrivât. Elle se demanda vaguement pourquoi il avait prit place à côté d'elle. Puis, elle se souvint qu'on lui avait dit que le Fou adorait le sexe encore plus qu'il aimait manger. Son regard casqué alla du Fou à son assiette, dubitatif. Et ben, il devait vraiment aimer coucher.

    Puis le petit blond les fit tous sursauter en leur plantant devant le nez le mot du Capitaine. Nephtys se retint de ricaner. Ce gosse, selon les dires, était arrivé sur la Nef entièrement nu. Qu'aurait-on pu lui voler ? Elle consentit pourtant à lui résumer la lettre.


    "Le Capitaine nous a volé un objet cher, et l'a donné à un autre habitant de la Nef. Le premier qui retrouve son objet voit un de ses vœux réalisés. Tu n'avais pas un nouvel objet dans ta chambre, Fou ?"

    Elle se tourna vers les deux autres, cherchant ses mots.

    "Je me moque un peu de retrouver mon objet, je vous l'avouerai franchement, car je n'ai aucun voeu vraiment important et digne d'être réalisé. De toute manière nous finirons tous par retrouver nos biens. Mais il se peut que vous ayez perdu quelque chose de très (trop ?) cher à vos yeux. Comptez-vous récupérer rapidement votre objet ?"

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Ryû Haru
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MessageSujet: Re: Déjeuner entre silencieux ? [Intrigue n°1][Haru & Hui Ying & Le Fou]   Jeu 9 Déc - 17:20

    J’étais content, comme je le pensais les personnes défilaient petit à petit vers la salle à manger. Fort bien, j’avais donc plus de chances de récolter des informations, et aussi la chance de mieux connaître Nephtys et le Fou. Le Fou, curieux personnage, bercé entre la gaminerie et l’interrogation. Mon odorat percevait l’odeur de chaque aliment que ce dernier dévorait devant nous. Alors que je pensais qu’il nous était devenu impossible de ressentir la faim, cette personne semblait ne pas avoir mangé depuis deux semaines.

    Mon ouïe se tournait vers elle à présent. Finalement, moi qui avait des appréhensions sur Nephtys, j’étais heureux qu’elle se tienne à mes côtés, car entre un goinfre à moitié fou et Hui Ying qui avait peur qu’on lui vole sa tarte, Nephtys et moi-même étions les seuls personnes raisonnables et sérieux autour de cette table. Mais au moins l’agitation de nos compagnons de table entretenait une certaine dynamique.

    Au départ, je souhaitais tout simplement éviter d’exposer le sujet des objets volés, pour en apprendre plus sur les autres échoués comme je vous le disais, cependant Le Fou et Nephtys semblaient y tenir. Quoi de plus normal me diriez-vous ? Nephtys était une femme très bouleversante, son absence d’odeur me terrifiait, alors que sa voix douce et calme m’appelait à être rassurer. Elle nous avouait sans gêne qu’elle était complètement indifférente à la perte d’un de ses biens. La première chose à laquelle je pensais : nous dit-elle cela par franchise ou par pure stratégie ? Il était effectivement intelligent de dire que tu ne t’intéressais pas à ton objet pour voir les défenses de son détenteur tombées. Mais quand Nephtys ajoutait qu’elle n’avait pas le moindre vœu à formuler, le trouble s’installait en moi.

    D’ailleurs, je n’avais toujours pas trouvé le mien. Mais Nephtys m’avait à cet instant donné une piste pour la formulation de moi vœu. Le vœu définitif allait venir bien plus tard. Alors que je réfléchissais à ce vœu, Nephtys poursuivait son discours.

      - De toute manière nous finirons tous par retrouver nos biens.
      - Ta remarque est pertinente, Nephtys, mais l’appât de ce vœu va, je pense, en faire bouger plus d’un. Le Capitaine nous plonge dans cette compétition pour une bonne raison, c’est évident. Laquelle maintenant ? Ça, c’est une autre paire de manche.
      - Mais il se peut que vous ayez perdu quelque chose de très (trop ?) cher à vos yeux. Comptez-vous récupérer rapidement votre objet ?


    Nous demandait-elle à tous les trois. Hui Ying et Le Fou étaient toujours aussi occupés à savourer (dévorer plutôt) leurs mets, je décidais donc de poursuivre la discussion avec Nephtys.

      - Je vais être franc, oui, j’ai perdu un objet qui m’est très cher. Après, vais-je me hâter pour le récupérer à tout prix afin de réaliser un vœu ? Non. Tu l’as dit toi-même, au final nous allons tous les récupérer. Enfin, j’espère ….


    Car si tel n’était pas le cas, je faisais le serment de retourner de fond en comble la Nef et de trouver le Capitaine s’il le fallait. Mais cela, je le gardais pour moi. Par ailleurs, j’étais sur la même longueur d’ondes que Nephtys à l’idée du retour de nos objets. Maintenant, il fallait entrer dans le vif du sujet. Certes, je n’allais pas m’acharner à retrouver mon bien, mais j’allais tout de même enquêter plus par prudence que par profit.

      - Néanmoins … Il faut bien qu’une personne trouve son objet. Je ne tiens pas à ce que cette chasse au trésor dure éternellement, pas vous ? Alors … Je vous propose de répondre à une de mes questions, et je répondrai à une question de chaque personne présente sur cette table. Voilà ma question, l'objet que vous avez reçu était-il encore, ou déjà en fonction dans votre époque d'origine ?


    C’était sans doute un peu trop direct, mais si personne ne faisait le premier pas, nous n’avancerions pas, et si nous n’avancions pas la Nef perdait alors son rôle envers ses occupants.



    HS : Merci Hui Ying, j'avais oublié ce détail concernant l'intrigue. C'est édité =)


Edit Nephtys : Oui, enfin, Kuro a bien posé une question où l'on devait répondre par oui ou par non dans l'autre topic, donc bon ...Par contre Haru je me suis permis de rajouter "ou déjà" dans ta question, car des gens auraient pu recevoir un objet qui leur est "futuriste", j'espère que tu ne m'en voudras pas ! =) (et ta question est intéressante d'ailleurs o_o)


Dernière édition par Ryû Haru le Jeu 16 Déc - 12:53, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Déjeuner entre silencieux ? [Intrigue n°1][Haru & Hui Ying & Le Fou]   Mer 15 Déc - 15:14

Si je bouge ma fourchette et la plante dans ma part, le temps que je m’exécute et ils tenteront à coups sûrs une offensive. Dilemme. Je ne suis décidément pas faite pour les choix impliquant… un avis personnel. Un choix quoi. Que faire ? J’agite timidement ma fourchette dans les airs, me retenant à chaque fois dans mon geste lorsqu’elle frôle la part de sa dent. Ah, comme j’aimerais être cette dent et croquer avidement dans mon butin, mais… je ne suis qu’humaine ou tout du moins un reste de mortelle. Ma tarte va tiédir. Que faire ? Oser l’impensable ou ronger mon frein en attendant que tout le monde parte, puis aller la réchauffer au micro-onde. Belle invention, ma foi. Néanmoins, le résultat est toujours peu concluant : les plats se ramollissent, la viande noircit, et le tout donne un mélange douteux et compacte. Mais non, ce n’est pas pourri, c’est du vomi…

Nephtys sortit Hui Ying de sa torpeur. Elle manqua de faire un mouvement de recul, mais elle songea qu’il ne fallait pas qu’elle aggrave son cas en se faisant haïr dès le début, car sa peur maladive aurait pu être comprise comme du dégoût. Ah, mais c’est qu’elle ne voulait pas de malentendu, hein. Elle se figea donc sur place, totalement tétanisée qu’une personne aussi imposante que Nephtys daigne lui adresser la parole et elle lui lança un regard craintif. Lestement, Nephtys se pencha sur la table et attrapa une cuillère qu’elle lui tendit, l’invitant d’un sourire à succomber à son désir. Elle posa la fourchette, prit la cuillère qui lui était offerte et c’est alors qu’elle réalisa. Oui, elle réalisa la théorie de l’origine des espèces. Elle venait de sortir l’épée légendaire de la pierre qui la retenait prisonnière. Mais alors,… Ton père, il est ? Elle tira d’une de ses poches un sac en papier et respira nerveusement à l’intérieur, puis les choses revinrent peu à peu dans l’ordre et elle plia soigneusement le sac pour qu’il ne forme plus qu’un petit oiseau en origami, et le rangea dans sa poche. Mon médecin me l’a prescrit.

Elle lança l’offensive. Missile lancé contre le fort… Ah, nous sommes touchés, il faut calfeutrés les failles ou nous sommes perdus… Ca ne prendra qu’un instant mon capitaine… Ah, un autre mur vient de céder, tous aux abris…

Ennemi à deux heures. Il se rapproche dangereusement… Impact dans cinq secondes. Hui Ying releva un sourcil, protégeant toujours de ses bras enlacés son ridicule morceau de tarte. Regard à droite, regard à gauche, on ne sait jamais. Observant du coin de l’œil le nouvel arrivant, Hui Ying frémit de peur. Effrayant… Mais voyons Hui Ying, il ne faut pas porter de jugement trop hâtif sur les inconnus. Bon bon. Néanmoins, le regard hautain qu’il porta alors à l’assemblée la conforta dans son idée qu’il n’était peut-être pas un gentil chihuahua… Remarque, ça peut mordre sévèrement ces choses-là. Au mollet surtout. Enfin. Silence pesant. Que faire ? Il s’écarta pour se diriger vers le buffet. L’observant toujours à la dérobée, Hui Ying fut étonnée de voir qu’il n’était encore qu’un enfant, à proprement parler. Je me demande ce qu’il aime comme aliment comestible… Portant la cuillère à sa bouche, elle la suça négligemment pour y récupérer les derniers effritements de pâte engloutis dans le peu de jus sucré recouvrant le métal et continua de regarder le jeune enfant, pensive. Il attrapa une cuisse de poulet, un morceau de cheese-cake, une louche de bœuf bourguignon, des rognons aux échalotes, de la salade de fruits… Elle mit un temps avant de réaliser l’horreur de la chose, puis, clignotant des yeux, elle commença à comprendre et c’est alors que le dégoût s’empara d’elle. Mais, mais… Quel ignare ! Outrée d’un tel forfait, elle le dévisagea ouvertement lorsque celui-ci revint s’asseoir parmi eux. Et pourquoi parmi eux d’ailleurs ? La pièce était grande.

La cuillère toujours calée entre ses lèvres, elle tomba de sa chaise et alla se resservir une autre part de tarte. Mmh. Irrésistible. Elle ne s’en lasserait jamais de ce mélange si raffiné de la vanille, du sucré des fraises, de leur croquant comparé à la crème pâtissière si onctueuse. Et cette pâte, pas trop riche et pas trop fine à la fois. Un vrai délice. Et lui qui ne comprenait pas la beauté de son art…

En revenant, elle vit un papier sur la table. Monsieur Ryû et Nephtys demeuraient sévères tandis que le jeunot ingurgitait des aliments en tout genre. En se haussant sur son siège, elle put discerner les lettres d’imprimerie. Ah, mais c’est le message du capitaine ça. Rien de nouveau donc.

Nephtys prit les devants. Je relevai la tête, ce qu’elle dit semblait aussi s’adresser à moi. Enfournant cuillère après cuillère, Hui Ying écouta attentivement la suite de la conversation. C’était au tour de monsieur Ryû. Les choses n’avaient pas l’air de beaucoup avancer et déçue, la pauvre enfant retourna à son château de sable. Ce sont des histoires de grands ça… Eh Hui Ying ? Tu veux retrouver ton bien, oui ou non ? Parce qu’il faudrait peut-être te bouger un peu, hein. Parce que ce n’est pas en te goinfrant de sucreries que tu vas trouver des indices, hein. Enfin, comme tu y es, c’est bien parti… Soupirant, Hui Ying posa sa cuillère sur le bord de son assiette et tenta de suivre la conversation de ces autres êtres pensants. Du reste, elle venait de terminer sa seconde part de tarte.

Elle laissa donc de côté son masque de fillette pour endosser le rôle de stratège, ou tout du moins d’une vraie personne de 164 ans, si ça peut encore avoir un certain sens à ce niveau-là.

Une question ? Pourquoi pas…En attendant de savoir quoi demander à son tour, elle tâta son objet à travers le tissu de son baggy.

« Il existait encore à mon époque… »

Elle considéra les autres qui n’avaient pas encore répondu. Qu’allaient-ils dire ?
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MessageSujet: Re: Déjeuner entre silencieux ? [Intrigue n°1][Haru & Hui Ying & Le Fou]   Mer 5 Jan - 0:49

Citation :
Le Capitaine était ravi. Voilà qui satisferait ses supérieurs. Une affaire rondement menée, des échanges intéressants dans les deux groupes. Oui, ce petit jeu qu'il avait lancé avait été un succès, et il était presque dommage qu'on ait eu un gagnant si vite. Mais enfin, que pouvait-on contre les impulsifs ? Il baîlla puis fit résonner sa voix sur la Nef, de façon à ce que chaque participant l'entende :

"Nous avons un gagnant. Il s'agit de Kurogane. Il va maintenant nous annoncer son vœu, que je réaliserai comme promis."

Dans sa main, Kurogane tenait deux objets : le poignard avec lequel s'était suicidée la Pleureuse et qui avait été confié à Balthymor, et son cher revolver, dont la Pleureuse avait eu la garde. Dans l'instant, chaque autre personnage se retrouva avec son objet dans la main. Quel soulagement !

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MessageSujet: Re: Déjeuner entre silencieux ? [Intrigue n°1][Haru & Hui Ying & Le Fou]   Mer 5 Jan - 21:48

Voilà qui était inattendu... Le Capitaine n'aurait pas cru. Enfin à vrai dire, ça lui était égal.

« Le gagnant s'est prononcé : il désire que le vœu de Ryû Haru soit réalisé. Nephtys et ce dernier recouvrent donc la vue à partir de maintenant et pour un temps indéterminé - ou plutôt, si, déterminé par l'envie des dieux. De toute façon, leur vue leur sera retirée sans préavis. »

[Pour ce qui est du jeu lui-même : vous pouvez poster les réactions de votre personnage aux deux annonces du Capitaine, mais vous n'y êtes pas contraints. Vous trouverez plus d'informations dans le topic portant sur l'Intrigue, et je vous engage tout de suite à aller voter sur le sondage sur la 2e intrigue (que je n'ai pas encore posté, mais ça ne saurait tarder). Quant à la vue de Nephtys et de Ryû Haru, elle durera le temps d'un topic ou deux, je dirais, à vous de voir.]
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Ryû Haru
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MessageSujet: Re: Déjeuner entre silencieux ? [Intrigue n°1][Haru & Hui Ying & Le Fou]   Jeu 6 Jan - 2:49

    L’enquête était en cours … Ma franchise et mon initiative avaient porté leur fruit, et l’un après l’autre mes compagnons répondaient à ma question. Cela représentait un début d’informations. Mais la conversation que j’entretenais avec Nephtys, Hui Ying, et le Fou coupa court, lorsqu’on entendit la voix du Capitaine se faire entendre dans toute la Nef.

    Sa voix était … Comment dire ? Un mystère à lui tout seul, en tant qu’aveugle j’appréciais plus que quiconque les sonorités les nuances de chaque chose, de chaque être. La voix du Capitaine était située entre l’aigu et le grave, la neutralité et l’expressivité. Je n’arrivais même pas à distinguer s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme, peut-être plus un homme en y réfléchissant, mais là sincèrement je pouvais me tromper. Je sentais cependant un ton feutré très léger et particulier caractérisant sa voix. Et là, j’entendais la nouvelle.

      - Nous avons un gagnant. Il s'agit de Kurogane. Il va maintenant nous annoncer son vœu, que je réaliserai comme promis.


    Kurogane avait remporté cette chasse aux trésors. J’étais soulagé, j’allais retrouver mon sabre Zanmato. Je ne sais si cette pensée en fut le déclencheur, mais l’instant qui suivit cette pensée mon sabre apparut comme par enchantement dans mes mains. Incroyable … Tout simplement incroyable, mon katana venait d’être téléporté dans ma main. J’entendis l’expression de mes compagnons tout autour de moi, ils avaient, eux aussi, retrouver leur bien. C’était un soulagement pour tout le monde.

    J’étais heureux, réellement heureux depuis mon arrivée ici. Je redevenais serein, et j’étais maintenant curieux de savoir quel vœu Kurogane avait bien choisi. Si le jeu avait été gagné par une autre personne, je ne m’en serais même pas soucier, mais concernant Kurogane le pire était à craindre. Quel vœu, mon élève, souhaitait il voir réaliser ?

      - Le gagnant s'est prononcé : il désire que le vœu de Ryû Haru soit réalisé. Nephtys et ce dernier recouvrent donc la vue à partir de maintenant et pour un temps indéterminé - ou plutôt, si, déterminé par l'envie des dieux. De toute façon, leur vue leur sera retirée sans préavis.


    Quand mes oreilles avaient fini d’entendre les dernières paroles du Capitaine, mon esprit peinait à y croire. Kurogane … avait réalisé mon vœu. Avais-je déjà retrouvé la vue, comme l’annonça le Capitaine ? Mes yeux restaient clos, j’appréhendais d’ouvrir mes paupières de peur d’être déçu. Néanmoins, j’étais content, content aussi pour Nephtys car ce fut elle qui me donna l’idée de ce vœu. J’avais appris par un naufragé de la Nef qu’elle aussi avait des problèmes de vue bien particulier. J’avais donc formulé ce vœu autant pour elle que pour moi. Un élan d’altruisme qui j’espère allait nous rapprocher, car je savais très peu de choses sur elle.

    Toujours est-il que je ne comprenais toujours pas l’acte de Kurogane. C’était trop beau venant de sa part. Ce n’était pas vraiment le genre d’un yakuza de faire une pareille faveur à une simple personne telle que moi. J’étais intrigué … Il cachait quelque chose, j’en étais sûr ! Je quittais ma chaise et dit avant de partir.

      - Excusez-moi, je dois me retirer dans ma cabine. J’ai certaines choses à régler maintenant que j’ai récupéré mon sabre. Mademoiselle Nephtys, j’espère que cette nouvelle vous ravira, profitez bien de votre vue restaurée. Bref … Je vous quitte.


    Je devais leur paraître étrange en gardant mes yeux fermés. Zanmato dans la main gauche et ma canne dans la droite, je me dirigeais vers ma cabine en marchant d’un pas plutôt hâté. Je voulais être seul pour redécouvrir le monde à travers mes yeux. Et dès que cela sera fait, je savais ce que j’allais faire en premier : rendre une petite visite à mon cher Kurogane …
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MessageSujet: Re: Déjeuner entre silencieux ? [Intrigue n°1][Haru & Hui Ying & Le Fou]   Lun 17 Jan - 13:38

Un son miraculeux vint la sauver de cette ennuyeuse discussion. Il faut dire qu’extorquer des réponses était une attitude qui correspondait à tout sauf à celle d’une paranoïaque misanthrope. Le regard persécuteur des autres, ça, elle en savait quelque chose. Enfin plutôt, elle le fantasmait déjà assez. L’évitement perpétuel du genre humain, elle le vivait au quotidien. Aussi, elle ne put réprimer un soupir de soulagement lorsque ses obligations prirent fin en un claquement de doigts, ou tout au plus un battement de cils. Car la nouvelle était presque survenue de nulle part, semblant aussi irréelle qu’un bonhomme de neige dans le désert de Gobi. Si irréelle et pourtant il semblait que c’était vrai. Hui Ying hésitait. Que croire ? Ne jamais se donner de faux espoirs. L’illusion d’un instant si parfait, à savoir le retour tant espéré à sa tanière adorée, seule, recluse vis-à-vis du reste du monde, lui paraissait par trop beau. Ce doux rêve miroitait sous ses yeux. Mais elle avait peur de tendre la main et que ce poisson d’argent ne s’en aille au loin. Reviens Rocky 4. Néanmoins, elle devait se rendre à l'évidence, sa montre à gousset, objet de tout son amour et sans doute un peu aussi de sa folie, était venue remplacer cet étrange collier de perles d'un bleu azur.

Elle réfléchit un instant. Maintenant, elle comprenait parfaitement ce qu’avait pu éprouver Tantale. Pauvre homme, quand même. En plus, on ne rigole pas avec la nourriture chez Hui Ying. C’est peut-être d’ailleurs la seule chose pour laquelle ses jugements font office de sentences, aussi implacables que le jugement d’un condamné à mort. Dans une cuisine, Hui Ying faisait en quelque sorte « loi de tout bois ». Détournement facile, il est vrai, mais l’idée y est. Pour elle, la cuisine n’était pas une affaire de dilettantes, mais un art à part entière. Evider des harengs en faisait partie, bien évidemment. Elle assumait jusqu’au bout son délire, se refusant à convoiter le beurre, l’argent du beurre, et… les beaux yeux de la crémière, peut-être ? Aussi, mieux valait ne pas se retrouver en sa présence dans un de ces lieux maudits appelés tantôt cuisine, tantôt kitchenette. Qu'importe le terme d'ailleurs, car dans tous les cas, ces mots désignent toujours ces lieux étranges, insolites, où règnent la mort et le sadisme. Et bien oui quoi. Regardez avec un peu d'attention un cuisinier préparer un steak. Pauvres bêtes… D’abord, il entaille un gros morceau de viande, en extraie une tranche, la sculpte à la manière d’un Michel-Ange en état d'ivresse, l’aplatit au marteau et au burin comme si sa vie en dépendait, et vous la jette dans la poêle comme si ce macchabé n’en avait pas assez. Mort puissance mille. Mais ramenons le film en arrière. Juste un peu. Assez pour changer de point de vue. Ca y est. Maintenant, regardez le visage émacié du cuisinier. Il serre les dents, ses yeux sont ceux d’un tueur. Il ne voit rien d’autre que ce à quoi il est occupé. Rapprochez-vous un peu plus. N’ayez pas peur, vous n’existez déjà plus pour lui. Son champ de la conscience est, comme qui dirait, rétréci, il est tout à ce qu’il fait. Je disais plus tôt que son visage était émacié ? Réfléchissez. Comment cet individu cruel, aussi impartial qu’une cour d’assise, pourrait-il en temps normal professer de tels actes, aussi proches du crime organisé que la distance qui sépare deux phalanges ? En vérité, il ne s’est pas nourri depuis des jours et ne dort plus, ou très peu. Enfin. Juste assez pour survivre. Mais vivre ? Ca, c’est un mot qui n’appartient pas à son vocabulaire. Et en voyant toute cette bonne nourriture, énergétique, juteuse, ou même croquante sous la dent, comment voulez-vous que son cœur ne défaille ? Il a faim. « Il est terrible, le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain… » C’est pourquoi il s’échine, il tente d’oublier, de sublimer son besoin pressant de saisir une entrecôte et de planter avidement ses dents acérées dans ses filaments, tel un sauvage, mais la seule chose qui lui reste, c’est cette passion dévorante et, toute victime qu’il est, il n’a pas le cran d’aller plus loin. Pourquoi ? Par culpabilité peut-être. Ne lui reste donc que la dévoration par les yeux… C'est sans doute ce désir qui anime ses plats et lui donne accès au rang de "chef-cuisinier". Non, vraiment. Si vous voulez un conseil, évitez chacun de ces lieux macabres, surtout si Hui Ying s’y trouve. Ou alors, c’est que vous avez de sérieux problèmes...

Hui Ying, satisfaite, se releva donc de son siège et, souriant timidement à l’assemblée, prit congé et se dirigea en hâte vers la cuisine. Accès de manque? Et si tu faisais une tarte aux pommes Hui Ying ? Oh oui, avec de la cannelle et de la confiture d’orange pour l’amertume. Mmh. Bonne idée, Hui Ying. Elle quitta son bandeau de soldat, essuya les marques du combattant sur ses joues, et endossa un tablier. Un autre type de combat s’annonçait. A nous deux, poulet rôti. Tu vas pleurer ta mère. Non, pitié, je n’ai rien fait, ce n’est pas moi. Chut, ta vie s’est déjà écourtée de cinq minutes…

Des cris ? Du sang qui gicle en-dehors de la cuisine et vient colorer votre ragoût d’agneau ? N’y prenez pas garde. N’essayez pas de savoir, ne tentez même pas de deviner. Ca vaut mieux pour vous, je crois.

Entre deux coups de couteau bien placés, Hui Ying s’arrêta brusquement, songeuse. Mais pourquoi ce « cher » Kurogane voulait-il que monsieur Ryû et Nephtys retrouvent la vue ? Que se cachait-il derrière cet innocent désir ? En avait-il marre de ne pouvoir jouer au scrabble sans devoir à chaque fois placer les lettres pour ses adversaires ? Monsieur Ryû semblait si heureux lorsqu’il nous a plus tôt quittés. J’ai de la peine pour lui. Saura-t-il se protéger du mal ? Soudain, une pensée assaille son esprit malade. Mais, mais… il va pouvoir voir son tableau ! Oh, le pauvre… Il n’a vraiment pas de chance, celui-là. Il vaut peut-être mieux qu’il suive l’exemple de Zatoichi et garde bien clos ses yeux. Que faire pour le sauver d’un désillusionnement certain ? Dubitative, elle interrogea la volaille du regard. Tu n’aurais pas une petite idée ? Ah, ça non. Déjà que je suis mort, doublement mort, alors vos histoires d’humains, hein, vous savez ce que vous pouvez en faire, hein. Mais dis-moi, tu es bien vaillant pour un poulet mort, doublement mort. Tu sais pourtant qu’il ne faut pas me provoquer… Il est minuit, c’est l’heure du crime. Tout le monde s’occupe à songer à sa journée passée en attendant d’autres lendemains. On entend une douce mélodie s'élever dans les ténèbres...

In the velvet darkness of the blackest night, burning bright, there's a guiding star no matter what or who you are, there's a light over at the Frankenstein Place…
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