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 Ennui et vacuité (PV Kuro)

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Friedrich Von Kammersmark

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MessageSujet: Ennui et vacuité (PV Kuro)   Sam 30 Oct - 14:29

La surface de l'eau était agitée d'un mouvement imperceptible. Étrange. La mer est rarement aussi calme ; autant dire qu'elle ne l'est jamais. Par définition, elle se doit d'être capricieuse. Et même lorsqu'elle se veut calme, elle fait le dos rond et grogne, en espérant que personne ne le remarquera. Mais tout le monde le sait. Elle aura beau faire les yeux doux et tenter de refouler son écume, la mer n'est rien de plus qu'une pute de luxe. Une sacrée catin caractérielle. Jusqu'à la Nef, la mer n'avait jamais été aussi calme. Friedrich soupira avec lassitude et s'accouda à la rampe qui entourait le pont, à la façon d'un gigantesque bras maternelle. Il avait laissé sa redingote de velours pourpre côtelé dans sa cabine. Elle ne lui servait plus à rien ici, à part lui rappeler sournoisement et à outrance que ses titres de noblesse ne lui serviraient pas à grand chose s'il avait l'intention de se tirer d'ici. S'il avait été tout seul, encore. Il était persuadé que son châtiment aurait été moins terrible. Mais c'était une belle bande de déviants et de déments qui se partageaient les lieux. Il n'était pas le dernier à être arrivé ici. Pourtant, il y avait encore des phénomènes qu'il n'arrivait ni à expliquer, ni à intégrer. Si ce lieu existait vraiment, il avait dû être oublié de Dieu.
Le plus étrange était que ni sa mère, ni l'homme avec lequel il avait sombré dans l'estomac marin ne l'avait suivi ici. S'il avait été choisi, Friedrich aurait été ravi de décliner son invitation. Non pas que la vie en communauté avec des manants sortis d'on ne sait où et d'on ne sait quand le dérange mais... Si. Sa naissance ne lui permettait pas de supporter ce genre d'infamies en silence. Il voulait rentrer chez lui.


« Un pensionnat de fous, songeait-il avec amertume. Je suis coincé ici avec des arriérés. Allons donc savoir ce que je fais ici moi-même. »

Le pire dans l'histoire était que l'angoisse avait fait place à l'ennui. Et il n'y a rien de pire au monde qu'un noble qui s'ennuie, les vérités historiques nous l'ont déjà prouvé à de trop nombreuses reprises. Il ne connaissait personne, n'avait pas cherché à rencontrer les autres habitants de la Nef, et agissait comme s'il s'y accommodait bien. Pourquoi pas. Du moment qu'on n'essayait pas de lui nuire, il avait l'impression que l'ennui mortel était presque préférable. Quoiqu'à présent, il en doutait.
Un bruit de pas extrêmement léger s'éleva dans son dos. Instinctivement, il courba les épaules et rentra la tête. Il fit comme s'il n'avait rien entendu, les bras croisés sur la rampe, ses cheveux roux fouettant nonchalamment son dos. La nostalgie fit place sur son visage au mépris le plus profond.


« Laissez moi tranquille », siffla-t-il entre ses dents serrées.
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Kurogane

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MessageSujet: Re: Ennui et vacuité (PV Kuro)   Mer 10 Nov - 18:11

Who cares about individuallism?
Who cares about being special?
Just superficial words patched on
Fragile verbal embellishments
Let`s tear them down with kawayu`s rock and toss them out
"suck!!"
Go away, sucky boys !

(traduction) Kawayu’s Rock – An Cafe



Le métal noir du zippo claqua, brisant le parfait silence des couloirs. Dans le creux de la main du japonais, une faible lueur s’alluma. La flamme dorée vint incendier le corps de sa victime de papier. L’assassin poussa un soupir de plaisir, tandis que la fumée bleutée commençait à s’échapper de ses lèvres.
Attention, la dernière cigarette du paquet. Après, il faudrait qu’il aille encore farfouiller dans la réserve pour en prendre une nouvelle cartouche sans se faire remarquer. Heureusement que les stocks étaient illimités, sur ce fichu rafiot. Sans quoi il se serait sûrement fait poursuivre par les (rares) fumeurs de la Nef et le Capitaine pour consommation excessive.
Il fallait donc la savourer la relique. Pour cela, une promenade sur le pont s’imposait.
Kuro se plaisait à aller fumer tout seul sur le pont. C’était le seul endroit à peu près tranquille du navire, étant donné qu’il était presque toujours désert. Et puis, il avait beau se passionner à embêter (et plus si affinités) les autres passagers qui avaient le malheur de croiser son chemin, comme tout le monde sur cette prison flottante, il avait parfois besoin de quelques moments de calme et de solitude. Le pas lent et décontracté, l’adolescent arpenta les sombres couloirs à la recherche de l’escalier, et s’engouffra sur le pont.
D’humeur presque joyeuse, il prit une grande bouffée d’air frais. Que c’était revigorant, l’air de la mer. Même s’il avait l’impression de ne sentir que ça depuis une éternité. Il faut dire qu’il était un des premiers arrivés sur le bateau. Sûrement parce qu’il était un de ceux qui avaient commis le plus d’horreurs au cours de sa vie. Du moins, c’était ce qu’il songeait.

* D’ici à maintenant, je n’ai trouvé personne d’aussi pourri que moi… Serais-je un spécimen rare, dans cet enfer ? *

Souriant pour lui seul à cette pensée, Kurogane tira une autre bouffée de fumée et s’avança pour de bon sur le pont. Il leva les yeux au ciel. Toujours cet exaspérant soleil qui brillait de mille feux, comme pour le narguer. Tss. Tu ne perds rien pour attendre, suppôt de Dieu et du Bien. Je trouverai le moyen de te jeter hors de ce trône qui ne t’appartient pas. Attend un peu que la lune vienne te renverser, elle seule qui mérite sa place dans les cieux. On verra bien qui rira, à cet instant là.
Soudain, l’assassin détourna la tête. Il avait senti une présence. De longs cheveux d’un très beau roux captivèrent son regard rouge. Un long sourire mauvais s’étira sur son visage. Tiens, tiens. Quelle chance ! Voilà une pauvre âme que je ne connais pas encore. Oubliant bien vite son projet de solitude, sa curiosité étant plus forte que tout, il s’approcha doucement de sa future victime. Homme ou Femme ? Ca n’avait pas d’importance, pourvu qu’il puisse l’amuser un peu, au moins pendant quelques instants. Malgré tout, il espérait croiser un jour un autre garçon de son âge. Son souhait fut exaucé plus rapidement qu’il ne l’aurait espéré.

Sans mot dire, le regard songeur, toujours derrière cet inconnu qui lui tournait le dos, Kuro se mit à étudier sa future victime. Maintenant qu’il était plus proche, il pouvait clairement affirmer que c’était un homme. Il avait une carrure plutôt fine, certes, mais il paraissait robuste, comme s’il avait subi un entrainement militaire. Il était vêtu de façon raffinée, comme un Prince. A cette pensée, un nouveau sourire se dessina sur le visage de l’incube. Un Prince ? Intéressant… Il n’en avait jamais encore rencontré, auparavant. La seule image qu’il avait de ce genre d’individu était bien sûr l’inoubliable cliché adorablement ridicule des contes occidentaux et des films de Disney de son enfance. Une bonne occasion de voir le décalage entre le fantasme et la réalité. Encore fallait-il pouvoir apercevoir son visage.

« Bonjour, mon beau… » Lança l’adolescent, d’un ton amusé. « Je ne crois pas que nous nous connaissions… Tu es nouveau, ici ? »

La délicieuse voix de l’inconnu, plutôt grave, s’éleva alors. Pour exprimer un refus de communiquer, certes, mais au moins, il l’avait entendue. Et puis, ce n’était certainement pas ça qui allait arrêter le libertin convaincu qu’était Kuro. Il adorait plus que tout relever les défis. Et cette soudaine colère de la part de ce bel et mystérieux inconnu venait d’éveiller sérieusement sa curiosité.

* Oh, pourquoi fais-tu cette tête, mon petit ? Ne t’inquiète pas, je vais te redonner le sourire, moi… * Ricana-t-il intérieurement.

Si tu savais, pauvre Friedrich, ce qui t’attend en compagnie de ce démon...
Un large sourire aux lèvres, toujours aussi sans gêne, Kuro vint s’accouder près du beau roux, et poursuivit, comme si de rien n’était :

« Je m’appelle Kurogane, je suis japonais. Mais tu peux m’appeler Kuro, si tu veux. C’est quoi, ton petit nom ? »

Maintenant qu’il se trouvait enfin près de lui, l’adolescent en profita pour dévisager longuement le Prince. Un beau visage gracile, et des traits fins. Mmh… Très intéressant. S’il n’avait pas peur de le faire fuir trop vite, il l’aurait bien dévoré sur une tartine de Nutella…
Ignorant toujours l’apparente joie de son interlocuteur de le voir là, il poursuivit, en désignant ses riches vêtements :

« J’aime beaucoup ce que tu portes, c’est assez classe. Tu viens de quelle époque ? Le Moyen-Âge ? La Renaissance? »

Un large sourire mauvais aux lèvres et le regard sournois, il ne put s’empêcher d’ajouter :

« Est-ce que, par hasard… J’aurais affaire à un Prince ? »

A ces mots, il ricana de nouveau, avant de porter sa cigarette à ses lèvres de démon, le regard toujours aussi captivé. Il faut dire que des beaux princes taciturnes, il n’en croisait pas tous les jours. Et puis, il n’avait pas l’air d’être beaucoup plus âgé que lui. Il devait sûrement avoir la vingtaine, peut-être un peu moins. Avec un peu de chance, cela lui donnerait peut-être un peu plus envie de faire sa connaissance.
Même si, lorsqu’il regardait le beau Prince, Kuro avait sans doute des pensées bien moins chastes que de la simple amitié.
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MessageSujet: Re: Ennui et vacuité (PV Kuro)   Mer 17 Nov - 20:27

* Lieber Gott, je damnerais mon âme pour pouvoir rentrer chez moi, rien qu'une heure. Non, je damnerais même mon âme pour passer une seconde chez moi, pour à peine fouler les pelouses du jardin, pour voir une dernière fois Majesté... *

L'inconnu n'avait pas voulu entendre l'impératif de sa demande. Il s'était glissé à ses côtés, doucement, dangereusement surtout ; avec une sorte de délicatesse qui trahissait une nature profondément calculatrice et réfléchie. Friedrich se somma de se méfier de lui, et s'épargna de répondre à la question qui lui avait été posée, quant à sa nouveauté ici. Il n'était peut-être pas un spécialiste de l'analyse des tempéraments des être humains, l'aura que dégageait Kurogane était l'aura d'un homme qui avait consumé les ailes de tant d'autres. Au moins, cette Nef grotesque protégerait sa vie. Du moins, il l'espérait. Aussi, le jeune homme tourna une figure immuable et désintéressée vers l'autre, un masque protecteur dans son but.

Son interlocuteur était jeune, ce fut la première chose que Friedrich remarqua. Puis il vit ses yeux qui le dévisageaient intensément, et le sang lui monta subitement aux joues, malgré l'impassibilité qu'il avait réussi à imposer à son faciès. Il maudit son atroce capacité à virer au cramoisi au moindre battement de cœur, et décocha un regard profondément dédaigneux en réponse à celui de Kurogane. Un mépris assumé le ferait peut-être déguerpir.


« Je m’appelle Kurogane, je suis japonais. Mais tu peux m’appeler Kuro, si tu veux. C’est quoi, ton petit nom ? »

Japonais ? Qu'était-ce donc ? Son métier, son titre ? Sa nationalité, certainement. De toute sa vie, Friedrich n'avait jamais fréquenté que des européens. Le physique tout particulier de Kurogane, pourtant, inspirait une provenance exotique par rapport à la sienne. Des traits fins, des yeux d'une forme toute particulière, une peau qui jouait avec la lumière d'une façon tout à fait différente de la sienne. Il se souvint avoir entendu parler, durant son éducation, de contrées éloignées par des mois entiers de navigation de son propre pays, aussi civilisées que différentes de sa Prusse natale. Des contrées où les femmes étaient belles et fraîches comme de la rosée, et les hommes courageux et fiers. Le jeune homme détourna le visage et fixa son regard sur l'horizon, répondant d'une voix basse qui trahissait sans nul doute sa méfiance excessive :

« Friedrich Hyeronimus Von Kammersmark. » Sa réponse, concise, soulignait bien qu'il ne portait aucun « petit-nom ». « Enchanté, Mr. Kurogane. » Cette fois, il sous-entendait explicitement qu'il se refusait à une quelconque familiarité avec qui que ce soit.

La question qui suivit le plongea dans l'embarras. Il n'avait pas la moindre idée de l'époque dont il provenait, il n'avait aucune conscience de la vision contemporaine de l'Histoire, du passé auquel il appartenait.


« Je... Hem... Nous étions en 1511 quand je suis arrivé ici. »

Son malaise fut rapidement évacué par une habile remarque de Kurogane, qui titilla vicieusement son défaut le plus marqué : sa vanité. Son sang n'était pas princier, mais qu'on le voit comme tel caressa son ego sur-dimensionné.

« En quelques sortes. »

Le petit rire que lâcha le mystérieux jeune homme en portant du tabac étrangement roulé en tube le ramena à la réalité. Il fit rouler les muscles de ses épaules endoloris sous sa peau et posa sur Kurogane un regard blasé, distant, un peu désintéressé. Il simulait parfaitement bien la lassitude. La commissure gauche de ses lèvres s'étira en une moitié de sourire un peu ironique, et il se passa une main dans les cheveux.

« Êtes-vous quelqu'un de mauvais, Monsieur Kurogane ? »

Il voulait l'inciter à parler le plus possible de lui, car il représentait un mystère auquel la curiosité résignée du jeune noble avait bien du mal à résister. Il n'avait pas à avoir peur de lui, bon Dieu. Il savait se défendre, il semblait même un peu plus âgé que le jeune homme qui lui faisait face. Bien qu'il y avait quelque chose dans son regard -aussi brûlant qu'une flamme et froid que le sang d'un reptile- qui ne présageait rien de bon.
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MessageSujet: Re: Ennui et vacuité (PV Kuro)   Mer 24 Nov - 23:59

Quelle froideur, chez le jeune noble ! Kuro en resta interdit pendant un moment. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu affaire à un garçon aussi coincé ! Pourtant, il était encore jeune. Hm. Ce devait sûrement venir de son époque. Au seizième, dans son pays d’origine, ils ne devaient pas beaucoup s’amuser. Surtout pas les nobles, on dirait. Mais le jeune homme ne se découragea pas pour autant. Après tout, peut-être qu’il était juste timide, et qu’il allait plus s’ouvrir à lui avec le temps. Vu cet air à la fois snob et las sur son visage gracile de prince charmant, Kuro avait plutôt tendance à penser le contraire, mais bon, il était trop intéressant pour qu’il ne cherche pas plus à le comprendre. Dans sa grande mansuétude, l’assassin allait lui accorder le bénéfice du doute.
La longueur du patronyme que Friedrich lui lança lui arracha un éclat de rire ; il devait s’y attendre, en même temps. Les nobles adoraient les noms à rallonge, c’était bien connu. A cette pensée, une mauvaise idée prit doucement forme dans son esprit dérangé.

« Hmm, c’est trop long. Et c’est trop dur à prononcer. Il va falloir que je te trouve un surnom… » Ricana-t-il, avec un regard dévorant, comme un prédateur qui se régalait déjà à l’idée de se repaître de sa proie. « Voyons voir… »

Il réfléchit un instant, les yeux tournés vers l’horizon, avec ce même sourire sadique ; comme s’il cherchait à optimiser la souffrance de Friedrich en trouvant le surnom le plus mièvre et le plus ridicule possible. En plus, les arguments qu’il invoquait pour se justifier n’étaient pas totalement faux. Les noms à sonorités allemandes étaient très compliqués à prononcer pour les japonais. Et passer de Friedrich à Furidorikku ou toute autre déformation nippone aurait gâché toute la prestance et le côté romanesque du personnage. Et puis, peut-être que ça le décoincerait un peu, quelques familiarités avec un autre être humain, pour une fois. S’il comptait rester bien au chaud dans son cocon d’aristocrate, maintenant qu’il était sur la Nef, il se faisait décidément beaucoup d’illusions.

« J’ai trouvé ! » S’exclama-t-il, un large sourire aux lèvres. « A partir d’aujourd’hui, je t’appellerai Riri-kun. C’est mignon, non ? »

Il ne put s’empêcher d’éclater de rire, à la vue de l’expression qu’affichait Friedrich à cet instant. Mais Kuro s’empressa de changer rapidement de sujet, avant qu’il puisse rouspéter suffisamment pour le faire changer d’avis. Son dos contre la rambarde, il poursuivit, d’un ton plus calme :

« Moi, j’ai quitté la terre en 2019. Le vingt-et-unième siècle n’est vraiment pas la meilleure époque pour naître, crois-moi... »

Et encore. Lorsqu’il repensait au futur que Nephtys lui avait décrit, il se disait qu’il pouvait s’estimer heureux. Il faut dire qu’il était né dans un monde fermé et particulièrement hostile, et qu’il ne pouvait pas rejeter la responsabilité de son malheur sur son époque. Mais on n’avait pas fini de faire la longue liste des défauts de son temps. Entre la mort de la planète, la famine, les guerres… Finalement, en tant que yakuza, il était plutôt bien loti. Il aurait pu naître en Corée du Nord, après tout. Brrr. Cette pensée lui arracha une grimace de dégoût.
Soudain, Friedrich prit la parole. La question du noble surprit autant le japonais qu’elle le ravit, à tel point qu’il se mit à sourire à s’en déchirer les joues. Il ne put s’empêcher de ricaner. Si Kurogane avait flatté l’orgueil du noble en lui demandant s’il était un Prince, Friedrich venait de lui faire, sans le savoir, tout autant de louanges. Même s’il ne plaisantait pas lorsqu’il parlait de son passé, Kuro adorait plus que tout se sentir diabolique et méchant ; juste pour le délire. Et parce qu’il était convaincu du principe: « Evil is sexy ». Comparez donc Valmont et Harry Potter, et vous comprendrez rapidement.

« Et bien… » Répondit-il, d’un ton sournois. « On peut dire ça, oui. Mais ne t’inquiète pas… Je serai gentil avec toi, promis. »

A ces mots, il battit des cils, affichant un air stupide, avant d’éclater encore de rire. Il ne s’attarda pas plus sur le sujet : il aurait été beaucoup trop long à expliquer à Friedrich ce qu’était la Mafia dans la société de son époque et ce qu’elle faisait dans l’ombre. Il devrait penser à le lui faire chercher dans un dictionnaire, un jour.
Il tira une bouffée de fumée sur sa cigarette, et poursuivit, avec ce même sourire mauvais :

« Et toi, Riri-kun… Est-ce que tu as été un vilain garçon, par le passé ? »

Evidemment, il avait prononcé ces mots sur un ton moqueur, comme s’il excluait le fait même que le noble, qui paraissait à première vue aussi coincé et droit puisse avoir même cassé une assiette au cours de sa vie. En même temps, c’était ce qui faisait son charme, en quelque sorte. Qu’il cherche à tout prix à conserver sa dignité d’aristocrate. C’en était presque mignon, finalement.
Et puis… Est-ce qu’il se rendait compte du double sens que pouvaient avoir ces mots, pour le jeune homme dont la réputation de libertin le poursuivait ? Kurogane, dévisageant le Prince, s’inventait déjà un sombre délire qu’il se garda bien de lui exposer, de peur de le faire fuir :

* Oh oui, mon petit Friedrich… Disons que toi tu seras le beau Prince charmant qui doit sauver la pauvre petite princesse sans défense, tel le héros d’une épopée… Et moi, je serai le méchant sexy, et… qui sait… je pourrai peut-être… te kidnapper… et après… *

A cette pensée, l’incube passa sa langue sur ses lèvres et se mit à ricaner tout seul.

* Bon sang, j’aurais fait un fantastique scénariste de manga yaoi ! * Se congratula-t-il, en écrasant sa cigarette agonisante sur la rambarde.

Forcément, à force de lire des saletés telles que Viewfinder, Kizuna et je ne sais quelles autres mangas interdits au enfants donnant des crises d’hystérie aux jeunes femmes de son âge, voilà ce que ça donnait… Heureusement pour lui, Friedrich n’avait pas encore pris ses jambes à son cou. Il aurait mieux fait, le pauvre petit.
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MessageSujet: Re: Ennui et vacuité (PV Kuro)   Lun 20 Déc - 22:19

(Rha, je m'excuse platement d'avoir mis tant de temps à répondre. GOMENASAI -c'est bien ça ? Very Happy )

« Hmm, c’est trop long. Et c’est trop dur à prononcer. Il va falloir que je te trouve un surnom… Voyons voir… »

Le sourcil droit de Friedrich s'arqua légèrement, et ses lèvres se tendirent en une moue perplexe. Il n'était pas vraiment habitué (ok, disons le franchement, il ne l'était pas du tout) à ce qu'on lui donne de « petits surnoms ». Seule sa mère possédait ce privilège. C'étaient des 'Mein Schatz', des suffixes en '-chen' à toutes les sauces, des joues roses pincées entre ses doigts puis couvertes de baisers, accompagnés du ronronnement de l'intonation dansante de la langue germanique dans la bouche d'une femme. Son père ne s'abaissait pas à lui donner de petits sobriquets affectifs, ça n'était pas vraiment du goût de ses frères et sœurs. Les domestiques n'en avaient évidemment pas le droit, et les amis de la famille s'en abstenaient plutôt bien. Il hésitait entre tourner les talons et s'en aller fièrement, et jeter ce curieux jeune homme offensant par dessus bord (et il savait bien Ô combien cela pouvait s'avérer désagréable). Il décida de ne rien faire, histoire de voir ce qu'allait donner ce surnom. Peut-être même à en découvrir un peu plus sur cet étrange personnage.

« J’ai trouvé ! A partir d’aujourd’hui, je t’appellerai Riri-kun. C’est mignon, non ? »

« P... PARDON ? »
, s'exclama-t-il en manquant de s'étouffer. « Je... NON ! Ça n'est pas mignon, je refuse ! »

Mais Kurogane eut le bon sens de changer rapidement de sujet, détachant momentanément l'attention du jeune homme quant à l'étrange surnom qu'il venait de lui coller.

« Moi, j’ai quitté la terre en 2019. Le vingt-et-unième siècle n’est vraiment pas la meilleure époque pour naître, crois-moi... »

Cette déclaration provoqua chez Friedrich un écarquillement outrageant de ses yeux, et sa mâchoire semblait sur le point de se décoller. Un rapide calcul mental lui apprit qu'environ un demi millénaire séparait leurs deux existences, ou plutôt aurait dû séparer leurs deux existences. Ce qui signifiait, qu'en se plaçant en 2019... Il aurait été mort depuis près de 360 années. Cette constatation lui donna le vertige.

« Ha... ha oui ? En quoi est-ce une époque néfaste ? Nous sommes-nous fait envahir ? »

La question que le jeune homme avait posé précédemment, notamment celle de se renseigner quant à la méchanceté présumée de son interlocuteur, n'avait en aucun cas été posée dans l'optique de provoquer l'hilarité de ce dernier. Il se mit à dévisager le visage gracieux du jeune japonais, interloqué, déposant pour la première fois depuis longtemps son attention sur un naufragé de la Nef. Son expression avait décidément quelque chose d'un prédateur. Un frisson parcourut son échine.

« On peut dire ça, oui. Mais ne t’inquiète pas… Je serai gentil avec toi, promis. »
« Je ne m'inquiète pas, mon cher Kurogane. Je sais me défendre » dit-il en s'efforçant d'avoir l'air le plus méprisant possible.
« Et toi, Riri-kun… Est-ce que tu as été un vilain garçon, par le passé ? »
« Je fus un fils et un soldat exemplaire, si c'est cela que vous entendez. », bien qu'il n'en était pas sûr. Il n'en était même pas sûr du tout.

Toujours accoudé à la rembarde, le regard du jeune noble allemand se perdit de nouveau dans l'immensité de l'horizon, stagnant et inerte.
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MessageSujet: Re: Ennui et vacuité (PV Kuro)   Mer 19 Jan - 1:17

Alors que le Prince roux calculait la différence de temps qui s’était écoulé entre leurs deux époques, Kuro fixait l’horizon, pensif. Non, il valait mieux ne rien ajouter à cela. Le choc qu’il avait eu, en découvrant qu’il était mort depuis longtemps, à l’époque où le japonais avait vécu, suffisait amplement pour cette fois. Peut-être, un autre jour, se chargerait-il de disserter pour lui sur tous les défauts de son temps. Mais il n’était pas d’humeur à ça, vraiment pas. Il se refusait à penser de nouveau à sa vie passée, ses crimes, ses remords. Pour l’heure, comme un enfant gâté capricieux, il ne songeait qu’à jouer avec la nouvelle jolie poupée qu’il avait trouvée, et qui se révélait en effet assez amusante.
Un fils et un soldat exemplaire ? Non mais qu’est-ce que c’était que cette réponse détournée et incroyablement snob ? Kuro en fut frustré au point de faire mine de bouder un instant, comme le grand gamin qu’il était en effet. En quelques mots seulement, il lui avait cassé tout son délire de méchant seme sexy qui n’avait qu’une seule chose en tête : apprendre au gentil uke angélique la façon dont les aristocrates athéniens s’amusaient ensemble il y a fort longtemps… Mais bien sûr que je parle de politique, à quoi pensiez vous, enfin, petits coquins ? Auriez vous un esprit aussi mal tourné que celui de Kurogane ? Mais passons.

Tandis, donc, qu’il était occupé à grogner dans son coin, cherchant ce qu’il allait bien pouvoir lui rétorquer pour revenir sur un registre plus intéressant, soudain, Kurogane se raidit, comme frappé par la foudre. Le jeune homme détourna ses yeux rouges écarquillés vers l’aristocrate. L’évidence, la solution au grand problème qui semblait affecter Friedrich lui apparut brusquement, telle une révélation divine.
Il comprenait tout, maintenant. Voilà pourquoi il semblait tant tenir à toujours se montrer fier, hautain, et viril. Le jeune japonais, sa main posée sur ses lèvres en signe de surprise, dévisagea l’allemand de bas en haut, comme s’il venait brusquement de changer de statut à ses yeux. Il était à l’instant passé de « prince sacrément coincé » à « homo clairement refoulé ». Il surligna deux fois la formule au stabylo dans son esprit. Non, c’était clair, il n’y avait pas de doute possible. Surtout lorsqu’on prêtait attention à ses longs cheveux roux bien entretenus, ses traits fins et gracieux, ces manières presque précieuses qu’il avait, et qu’il tentait de dissimuler derrière un machisme ridicule. Ah, et sa peur panique des femmes. C’est vrai qu’il l’avait vu, l’autre fois, en les croisant dans un couloir, fuir la Pleureuse comme la peste. Elle qui était si mignonne, pourtant.
Mais alors, il était comme lui, lorsqu’il n’avait encore que quinze ans ! Un pauvre adolescent coincé qui avait besoin qu’on s’occupe de lui et lui apprenne la vie ! Ah, qu’aurait-il fait sans Phoebé ? Il serait pour toujours resté un bi refoulé. Il en tremblait rien qu’à cette idée. En tous cas, en trois ans seulement, on pouvait dire qu’il avait bien rattrapé ses quinze ans de vie morne et ennuyeuse de sainte-nitouche. Et il était temps qu’il passe le flambeau, on dirait. Il ne put s’empêcher de ricaner à cette pensée.
Approche mon petit, n’aie pas peur, je ne compte pas te faire de mal, oh non, c’est même tout le contraire. Tu vas voir, tu ne vas pas être déçu du voyage.

Se rendant soudain compte du long silence qu’il avait laissé s’installer, et des grimaces étranges qu’il avait dû faire pendant tout ce temps (Friedrich, qui devait déjà commencer à le cerner, devait avoir compris qu’il n’était pas bon de l’entendre ricaner), Kurogane toussa un peu, et fit mine d’ajuster les boutons de sa chemise noire. Toujours habillé en noir, celui-là.
Retrouvant son sourire, il décida de se montrer sociable, et, posant sa main sur sa hanche pour prendre une pose qui lui donnait l’air intéressé, il pencha la tête et demanda :

« Ah, je vois, comme ça, tu as fait l’armée… C’est intéressant. Tu avais un bon grade ? Est-ce que tu as déjà fait la guerre ? »

Forcément, lui qui était issu d’un ordre presque militaire où tout le monde savait se battre, et qui avait tué à maintes reprises pour son clan, il ne pouvait pas passer outre ce sujet.
Une nouvelle fois, ça expliquait beaucoup, beaucoup de choses sur le compte de Friedrich. S’il avait fait son service militaire, il avait sûrement dû être entouré exclusivement d’hommes pendant une période plus ou moins longue… L’adolescent ricana doucement. Il imaginait déjà le Friedrich soldat, prenant son bain dans une pièce qui lui était réservée, de peur de se mêler à la masse de mâles nus. Comme il aurait aimé voir ça.
Il ne pouvait pas le laisser dans cet état, le pauvre. Maintenant que ce pauvre Friedrich avait l’éternité devant lui, qu’il était libéré de son époque et de ses mœurs, Kuro sentait, en tant que bi affirmé (et fier de l’être), qu’il devait faire quelque chose pour lui. Même si ça prenait du temps. Ils ne risquaient pas d’en manquer, en même temps. Bon, d’accord, il était surtout intéressé par l’idée de potentiellement se le faire un jour. Mais c’était un humain, après tout. Et puis, c’était Kurogane. On ne s’invente pas libertin à tendances nymphomanes.

Gambadant joyeusement jusqu’à Friedrich, un large sourire aux lèvres, il se risqua à aller lui tirer les joues, telle une mère poule ou une vieille tante dans l’exercice de ses fonctions, et gloussa :

« T’es trop sérieux, tu sais, Riri-kun. Si tu essayais de sourire un peu, pour voir, de temps en temps ? Tu serais bien plus mignon, tu sais. »

Sur ce, il le lâcha brusquement et tourna les talons avant de se faire frapper, prenant soin de protéger sa tête, au cas où un coup (dirigé et volontaire) ne lui tombe dessus. Il devait avouer que, si jamais ça devait arriver, il l’aurait mérité, en même temps.
Ne perdant pas un seul instant, son esprit pervers et diabolique s’étant mis à fonctionner à plein régime, il se tourna de nouveau vers son congénère, et, le visage rayonnant (c’était limite si de petites étoiles ne brillaient pas dans ses yeux ou autour de lui) il s’exclama :

« Je sais ce qu’il te faut ! Viens ! »

A ces mots, il l’attrapa par le bras et le traîna de force jusqu’aux escaliers, pour rejoindre les sombres couloirs de la Nef. Après quelques instants de marche, il s’arrêta devant une porte, l’ouvrit, et tira brusquement le prince dans la pièce. Il claqua la porte, qu’il ferma à clef et mit dans sa poche pour que son cobaye ne s’enfuie pas, et s’assit sur une chaise posée là, près d’une petite table qui ressemblait à un bureau. Désignant une sorte de long fauteuil en face de lui, il déclara, l’air tout fier :

« Vas-y, Riri-kun, allonge-toi et parle-moi de ton enfance. Par exemple, si tu étais un peu trop proche de ta maman, ou que ton papa ne t’accordait pas assez d’attention… Tu vas voir, tu te sentiras bien mieux après. Et ça me permettra de vérifier certaines choses à ton sujet. »

Il prit un carnet et un stylo qui traînaient sur le bureau, et se mit à fixer le jeune homme roux avec insistance, avec un regard qui semblait dire, tandis qu’il s’acharnait sur le bout du stylo bille qu’il faisait claquer sans relâche : « Si tu ne parles pas, je serai obligé d’employer certains fâcheux moyens pour délier ta langue. Qu’en penses-tu, chéri ? »

« Je te préviens, tu ne sortiras pas d'ici avant que tu ne m'en aies dit assez. <3 » Ricana-t-il.

Tout cela laissait à penser que le psy improvisé était bien plus dérangé que le patient. Mais que faire contre un Kuro qui avait une idée en tête ?

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